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Une dynamique d’entrepreneurs

Tous les trois ans, France Initiative réinterroge des créateurs aidés par les plateformes. La dernière enquête met en évidence une vraie dynamique d’entrepreneurs

Quels sont les traits marquants des entrepreneurs aidés par France Initiative ? Comment évoluent-ils dans le temps ? Et que peut-on en tirer comme enseignements sur le positionnement des plateformes ? C’est pour répondre à ces questions que France Initiative a choisi de suivre dans la durée des générations de créateurs en les interrogeant à la création de leur entreprise, 3 ans puis, une nouvelle fois, 5 ans après, en s’inspirant de la méthodologie développée par l’Insee dans le cadre de son Système d'Information sur les Nouvelles Entreprises (SINE). 

La première enquête de ce type a été menée en 2004 auprès de 1500 entrepreneurs qui venaient de bénéficier d’un prêt d’honneur. Trois ans après la création (ou la reprise) de leur entreprise, France Initiative a interrogé à nouveau ces créateurs – une enquête BVA réalisée en octobre-novembre 2007. Un autre suivi sera fait après 5 ans (en 2009). Enfin, une nouvelle génération d’entreprises sera suivie à partir de 2008.
Voici quelques traits marquants des créateurs aidés en 2004 par les plateformes France Initiative. Pour André Letowski, directeur des études à l’APCE, l’étude « confirme le positionnement original de France Initiative. Les plateformes permettent à des chômeurs de créer leur entreprise avec un prêt d’honneur, puis d’accéder à un financement bancaire et, enfin, de se développer ou au moins de se positionner dans des investissements plus conséquents, dans une perspective de développement. »

  • Des développeurs
    Première bonne nouvelle : 83% des entreprises existent toujours, avec le même dirigeant à leur tête. 7% ont changé de dirigeants et seulement 12% ont arrêté leur activité. Deuxième bonne nouvelle : 7 de ces créateurs sur 10 ont eu, durant les deux dernières années, à cœur d’accroitre « nettement » leur activité. Seuls 2 sur 10 ont voulu la maintenir à son niveau et un seul a tenté de sauvegarder son activité. C’est l’un des premiers enseignements de cette enquête : les créateurs aidés par les plateformes France Initiative ont eu à cœur, au cours des trois premières années, de développer leur entreprise.
  • Un chiffre d’affaires « satisfaisant »
    L’enquête permet d’apprécier le dernier chiffre d’affaires (hors taxes) des entreprises aidées en 2004 : il est inférieur à 75 000 € dans 35% des cas ; il est compris entre 75 000 et 300 000 € dans 45% des réponses ; enfin, 20% des entrepreneurs interrogés le situent au dessus de 300 000 €. Autre donnée encourageante : 37% des entreprises ont vu leur chiffre d’affaires « beaucoup augmenter » lors des deux dernières années. Interrogés sur leur dernier exercice, ils sont 70,6% à le juger « satisfaisant ».
    Au cours des deux dernières années, 63% des entrepreneurs disent également avoir investi. Les domaines les plus cités ? L’achat de matériel nécessaire à la production du bien ou du service (72%), l’achat de matériel bureautique ou informatique (60%) et l’agencement de locaux (47%). A noter : les investissements en recherche et développement ne représentent que 15% des réponses. Comment ces investissements ont-ils été financés ? Les réserves de l’entreprise (67%) et les emprunts bancaires (59%) arrivent en tête des réponses.
    Enfin, les chefs d’entreprises ont été interrogés sur les moyens utilisés pour la gestion de leur trésorerie. Les réserves de l’entreprise sont les plus citées (59%) devant les découverts bancaires (34%) et les ressources personnelles du chef d’entreprise (32%). Ces mêmes chefs d’entreprise ont-ils rencontrés des problèmes de trésorerie ? Ils sont 37% à répondre par l’affirmative. Pour ceux-là, ces difficultés s’expliquent à 49% par les délais de paiement des clients, à 32% par un défaut de paiement des clients et à 29% par les exigences des fournisseurs.
  • Près de 4 salariés
    C’est un point crucial qui témoigne du développement des entreprises aidées par les plateformes. La précédente étude faisait apparaître, au moment de la création, une moyenne des effectifs de 2,3 personnes (chef d’entreprise compris). Trois ans après, l’étude met en évidence une moyenne de 3,9 personnes (après élimination des extrêmes), soit une croissance significative. A noter : si l’on s’intéresse aux seules créations ex-nihilo, cette moyenne s’établit à 3,6 emplois (1,9 lors la création). Sur les reprises d’entreprises, elle passe à 4,5 (contre 3,5 emplois au moment de la reprise).
    Les entrepreneurs interrogés sont aussi 49% à avoir employé du personnel à titre occasionnel (CDD ou intérim) au cours des deux dernières années. Enfin, interrogés pour savoir si eux-mêmes ou un membre de l’entreprise avaient suivi une formation au cours des deux dernières années, ils sont 42% à répondre positivement.
  • Des « artisans », qui pensent développer fortement leur entreprise
    Invités à se retourner sur trois premières années de leur entreprise, un tiers des créateurs (36%) disent n’avoir rencontré aucun problème important. Ceux qui déclarent avoir vécu des difficultés citent en priorité un problème financier (23%), un problème commercial (18%) ou de gestion du personnel (12%).
    Au regard de leur objectif initial, ils sont 55% à estimer avoir atteint le chiffre d’affaires prévu ; 48%, la taille d’effectif prévue ; 47%, l’objectif de temps de travail qu’ils s’étaient fixé ; 37%, enfin, le niveau de salaire ou le revenu espéré.
    Comment envisagent-ils les 12 prochains mois ? 48% pensent développer fortement leur entreprise et près d’un tiers envisagent d’embaucher un ou plusieurs nouveaux salariés. En moyenne, l’effectif envisagé à 2 ans s’élèverait à 4,8 personnes.
    Interrogé sur les risques majeurs auxquels ils peuvent être confrontés, ils citent d’abord la concurrence ou l’évolution du marché (58% des réponses), la gestion de la trésorerie (33%) le recrutement d’une main d’œuvre adaptée (32%) avant l’insatisfaction des clients (31%).
    Enfin, France Initiative les a interrogés sur le terme qui les définit le mieux : 35% des chefs d’entreprises se considèrent comme des «artisans», 21% comme des « chefs d’entreprise développeurs », 18% comme des « commerçants », 11% comme des « indépendants », 9% comme des « managers »….
    « Et si c‘était à refaire ? », leur ont demandé les enquêteurs de BVA. Pas de doute : une très large majorité (89%) des entrepreneurs recommenceraient (74% répondent « certainement » ; 14%, « probablement »).


A télécharger

La lettre de France Initiative n°127 (mars 2007) comporte une synthèse plus complète de l’étude et l’interview intégrale d’André Letowski, directeur des études à l’APCE, qui commente ces résultats.

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