"Notre grande cause à nous, c'est faire naître votre entreprise"
Editorial de Bernard Brunhes, président de France Initiative
En 2007, les plateformes France Initiative ont permis la création ou la reprise de 13 500 entreprises. C’est 11 % de plus que l’année précédente. Nous sommes sur la ligne du Projet stratégique, adopté l’an dernier après une longue gestation à laquelle tout le mouvement a largement participé : le doublement de notre activité en sept ans, d’ici à 2013, soit une croissance de 10 % par an. Notre mouvement va bien. Il ne se contente pas de surfer sur la vague de créations d’entreprises. Il poursuit ses efforts en faveur de la qualité, donc de la pérennité des entreprises créées (toujours 86 % à trois ans). Deux créateurs sur trois sont des chômeurs qui trouvent là la volonté et l’énergie de porter un grand projet. Un créateur sur trois est une créatrice, un taux qu’il faudrait encore améliorer. Les transmissions /reprises prennent une place croissante. Rien qu’en 2007, ce sont plus de 30 000 emplois qui ont été créés au moment même des créations ou préservés lors des reprises ; et, bien sûr, cela ne tient pas compte des nombreux emplois qui seront créés par la suite, souvent rapidement, par les jeunes entreprises.
Nous avons insisté dans notre stratégie sur la volonté d’inscrire notre action dans les politiques publiques – de l’État, des régions, des départements ou des villes et communautés : l’innovation technologique avec la création de France Initiative Technologies, qui va permettre le développement de nouvelles plateformes régionales spécialisées, au-delà des quatre qui existent aujourd’hui ; la transmission d’entreprises avec, par exemple, la première année du fonds régional BRIT (Bretagne Reprise Initiative Transmission) et de multiples projets dans plusieurs régions ; les banlieues avec les actions dans les quartiers difficiles ; l’accompagnement des restructurations industrielles ; le développement des services de proximité en lien avec l’Agence nationale des services à la personne ; la croissance des TPE. Nos relations avec les pouvoirs publics s’inscrivent ainsi de plus en plus dans une optique contractuelle. À de rares exceptions près, les coordinations régionales, qu’elles soient ou non constituées en associations,
ont atteint une véritable maturité, se posant en interlocuteurs majeurs des conseils régionaux. Ceux-ci ayant, dans le cadre des schémas régionaux de développement économique, à peu près tous prévu des politiques dynamiques d’appui à la création d’entreprises et aux transmissions, notre mouvement peut ainsi jouer tout son rôle.
Nous disposons d’appuis solides, comme celui de la Caisse des Dépôts qui a compris, plus que jamais, le rôle que nous pouvons jouer, que nous jouons effectivement dans le développement économique territorial et dans la cohésion sociale. Nous travaillons bien, la plupart du temps, avec nos partenaires des chambres de commerce ou de métiers. Les établissements bancaires, au moins certains d’entre eux, ont bien compris notre position par rapport à eux : nous mettons le pied à l’étrier de tous les porteurs de projets qui ne peuvent accéder seuls au crédit bancaire. Les banques voient bien et apprécient le rôle que nous jouons en consolidant la situation financière de candidats entrepreneurs qui, passés par nos comités d’agrément et aidés par des bénévoles, ont toutes les chances de réussir et sont donc, pour les banques,
des clients sûrs.
Toutes ces réussites sont possibles parce que nous sommes, à côté des permanents du mouvement, des milliers de bénévoles : plus de 13 000, dont près de 5 000 parrains. C’est beaucoup de dévouement, de militantisme actif, de volonté d’aider les jeunes qui se lancent et d’investissement dans l’économie locale. C’est beaucoup, mais c’est encore trop peu. Voilà pourquoi l’année 2008 est, pour France Initiative, celle du bénévolat économique. À côté des militantismes social, solidaire, humanitaire, il existe un bénévolat économique, désintéressé et militant, attaché à l’économie de son terroir, de sa ville, de sa région et attaché au développement professionnel de ceux qui ont le courage d’inventer et d’innover. Les bénévoles sont au coeur du dispositif, avec leur présence assidue dans les comités d’agrément, avec l’appui technique qu’ils apportent aux créateurs, avec le rôle, enfin et surtout, de parrains de créateurs ou de repreneurs.
Mais ce bénévolat économique, il nous faut ensemble le faire connaître, le faire comprendre, le rendre attirant, le mieux définir. Il nous faut faire venir de nouveaux volontaires, leur apporter l’environnement qui renforce leur efficacité, créer de véritables communautés. Je pense à ces entrepreneurs qui ont démarré leur activité grâce à nos plateformes et qui veulent apporter aux nouveaux arrivants l’aide qu’ils ont eux-mêmes reçue. Je pense à ces jeunes retraités qui ont envie de passer le flambeau ; à ceux qui considèrent qu’ils ont des responsabilités économiques et sociales à l’égard de leurs territoires de vie, à tous ceux pour qui les mots « bénévolat » et « économie » sont compatibles, nécessairement compatibles, là où d’autres ne voient qu’un oxymore !
À tous ceux qui nous accompagnent et à tous ceux qui nous rejoignent, je voudrais dire que nous défendons une grande cause. À tous ceux qui ont un projet de création, je voudrais dire : « Notre grande cause à nous, c’est faire naître votre entreprise. »