Billet de 50 francs : son histoire et son cours

Qui ne se rappelle pas de la tête de Saint-Exupéry sur le billet de 50 francs ? Il s’agit de l’un des plus emblématiques billets produits par la Monnaie de Paris. Mais l’histoire du billet ne s’arrête pas là et remonte en fait au 19 ème siècle. Pour les collectionneurs, les billets de cette époque sont de véritables pépites qui s’arrachent à un prix d’or. Mais pour les personnes plus raisonnables, il est également possible d’avoir de billets de très belle valeur et beaucoup plus récents et communs. Voici un petit tour d’horizon des différentes cotes des billets de 50 francs.

Les différents billets de 50 francs français.

Il existe plusieurs épreuves du billet de 50 francs, dont les plus anciens sont les 50 francs dits bleus. La première émission de billets de 50 francs en 1864. Très rares, ils sont aussi le premier billet français à avoir du être remplacé rapidement par un autre modèle à cause de la contrefaçon. Et lorsqu’on parle de billets de 50 francs, sachez que cet article se concentre sur les billets de francs français et ne reprend aucunement les autres devises homonymes, comme le franc belge ou le franc suisse.

50 francs bleu
50 francs bleu, le plus ancien billet de 50 francs.

 voici la liste des billets de 50 francs depuis sa création :

  • 50 francs bleu (1864)
  • 50 francs bleu (1884)
  • 50 francs bleu et rose (1889)
  • 50 francs Luc Olivier Merson (1927)
  • 50 francs Cérès (1934)
  • 50 francs Jacques Cœur (1940)
  • 50 francs Le Verrier (1946)
  • 50 francs Henri IV (1959)
  • 50 francs Racine (1962)
  • 50 francs Quentin de la Tour (1976)
  • 50 francs Saint-Exupéry (1992)

Contrairement au monde des pièces de monnaie, il n’existe pas de série limitée, d’émission en or ou argent, etc. Les billets sont définitifs et font partie de série bien précises, chacun étant numéroté. On pourra par contre souligner que les billets ne sont pas toujours imprimés en même quantité. En fonction de la thésaurisation des billets et de leur circulation, le gouvernement peut décider de réduire l’impression de l’un ou l’autre billet pour éviter qu’il y en ait trop en circulation. La thésaurisation est le fait que les gens les conservent chez eux. Par exemple, un enfant qui a de l’argent de poche et l’économise en vue de s’acheter un jouet onéreux. Ainsi, certaines années sont beaucoup plus rares que d’autres, ce qui fait augmenter la valeur de certaines séries.

La rareté des billets provient également d’autres sources. Leur ancienneté, par exemple. Mais également du fait que les billets trop vieux, trop abimés ou trop anciens sont détruits. Quand un billet de 50 francs est remplacé par un autre, il arrive avec de nouveaux systèmes de sécurité :

  • couleurs
  • papier
  • filigrane
  • bande magnétique
  • etc.

Comme les anciens sont plus facilement imitables avec l’avancée des technologies, on les retire du marché petit à petit et l’Etat les détruit. Pour cela, il n’a pas grand chose à faire. Il suffit que les commerçants déposent leurs recettes en banque. Les banques séparent les billets et mettent les anciens de côté. Ils sont ensuite convoyés vers un incinérateur. C’est un processus bien rôdé qui est encore d’application aujourd’hui.

Les émissions courantes de 50 francs

Le 50 francs bleu

Le 50 francs bleu est un billet créé en 1864 qui sera remplacé par une seconde version 20 ans plus tard. En fait, ce sont les faux-monnayeurs qui ont poussé la France à produire un autre billet. Avec le développement de la photographie, il était possible de produire des billets identiques, mais en noir au lieu de bleu. La situation était suffisamment alarmante que pour lancer une nouvelle gamme dès 1957, puis en 1962 en changeant la teinte du bleu en bleu céleste. Cette dernière était mieux différenciable du noir. Puis en 1872, l’encre change suite à la guerre avec l’Allemagne.

Au recto du billet, on peut voir une couronne elliptique surmonté de la tête de Mercure.

De chaque côté, deux cartouches représentant les peines encourues en cas de contrefaçon. Sur le dessous, un couple d’anges. Au verso, on retrouve la même couronne elliptique avec le montant du billet en style calligraphique.

Ce billet existe en 3 versions. La première avec une signature et une numérotation à la main. Une seconde avec une numérotation mécanique et enfin une dernière où la numérotation redevient manuelle.

En 1889, le billet bleu est remplacé par le bleu et rose. Le biton ainsi que les tracés plus complexes rendent les contrefaçons plus difficiles.

Depuis 1923, ce billet est privé de cours légal et n’a plus de valeur aux yeux de la France. Ce sera 1945 pour le bleu et rose. Pour les collectionneur, le billet est tellement rare que le cours officiel n’existe pas. Seules les éditions post 1900 ont une cote aux alentours de 200 euros.

Le 50 francs Luc Olivier Merson

Ce billet appartient à une série de billets polychromes. La Banque de France voulait produire des billets plus difficiles à contrefaire, mais la mise aux points de nouvelles techniques de production étaient difficiles à mettre en place. Qui plus est en période de guerre qui créa une parenthèse non-négligeable. Il faudra près de 20 ans pour que ce billet voit le jour. Sa mise en circulation se fait au même moment que la création du Franc Poincaré qui établissait son cours à 1/5 de la valeur du franc germinal. Il fut émis pendant 7 ans, de 1927 à 1934 et sera retiré de la circulation en 1942. 3 ans plus tard, il perdra son cours légal. Selon les chiffres de la Banque de France, ce billet a été tiré à 393.300.000 exemplaires.

Ce billet de 50 francs tire son nom du peintre qui a exécuté les dessins. Au recto, on voit une guirlande de fruits deux Amours avec un jeune Mercure pensif. AU verso, on retrouve une autre guirlande de fruits, cylindrique avec un forgeron et une jeune femme. Ils représentent Minerve accompagnant le Travail. On retrouve également le chiffre « 50 ».

Les premiers billets cotes à 50 euros. Les années suivantes valent environ 30 euros.

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Billet de 50 francs, à l’effigie de la déesse Cérès

50 francs Cérès

Le 50 francs Cérès est un billet polychrome imprimé de 1934 à 1940. Il perdra son cours légal en 1945. On y retrouve un buste de Cérès couronnée de laurier au recto. Au verso, on retrouve Mercure avec une corne d’abondance, un attribut de la fortune. Son nom provient du peintre qui a exécuté les dessins.

1934 et 1935 sont deux années rares qui valent environ 70 euros. Les années suivantes oscillent entre 20 et 35 euros.

50 francs Jacques Cœur

Le 50 francs Jacques Cœur est un billet imprimé entre 1940 et 1942 qui perdra également son cours en 1945. Malgré une courte durée d’impression, la Banque de France en a tout de même émis 445 millions. Il est donc loin d’être rare.

Il s’agit d’un billet thématique centrée sur un personnage historique et une région. Une thématique qui perdurera jusqu’au passage à l’euro. Au recto, on voit le buste de Jacques Cœur dans son environnement de Bourges. Au verso, on voit une paysanne en habits traditionnels berrichons avec mouton et vaches dans un pâturage

On cote ce billet à environ 10 euros, même s’il n’est pas si facile à trouver.

50 francs Le Verrier

On retrouve une nouvelle thématique, autour d’Urbain Le Verrier. Les thème sont donc l’astronomie et les mathématiques. On retrouve donc le buste de Le Verrier au recto avec ses outils de mesure, tandis que el verse représente le dieu Neptune. Le Verrier est connu pour sa découverte de la planète éponyme. Imprimé de 1946 à 1951, ce billet a surpris par le choix du personnage, peu connu.

La cote est de 40 euros pour les billets de 1948, entre 20 et 30 pour les autres années.

50 francs Henri IV

Henri IV est choisi pour la thématique du billet de 50 francs en tant que personnalité ayant conduit la France dans son état moderne, comme Richelieu et Bonaparte sur d’autres billets.

Ce billet est moins imprimé que les autres, mais est surtout le premier des nouveaux francs. Il est, en fait, identique au billet de 5.000 francs Henri IV, mais typographié « 50 NF » suite à la réforme de 1958.

Il est très recherché par les connaisseurs, car il fut éphémère. Il vaut donc environ 40 euros.

50 francs Racine

Ce billet célèbre les créateurs et scientifiques célèbres et sera imprimé de 1962 à 1976 en 745 millions d’exemplaires.

Il représente la gravure de Racine avec l’abbaye de Port-Royal des Champs. Au verso, un autre buste de Racine et un filigrane avec Andromaque.

C’est un billet assez courant qui vaut environ 20 euros.

50 francs Quentin de la Tour

Ce billet célèbre une deuxième série de créateurs et scientifiques reconnus, au même titre que Pascal, Montesquieu sur  d’autres billets. A nouveau, c’est un billet très courant avec 1,2 milliard d’exemplaires et imprimé de 1976 à 1992.

On retrouve le portrait de de La Tour au recto avec le château de Versailles. Au verso, le même portrait avec l’hôtel de ville de Saint-Quentin, sa ville natale.

Ce billet est tellement commun qu’il est difficile de le revendre à moins d’un excellent état. Et encore, sa cote ne dépasse pas 10 euros.

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Dernier billet de 50 francs, le Saint-Exupéry est connu de tous.

50 francs Saint-Exupéry

Dernier billet de 50 francs avant l’euro, la Banque de France célèbre ici l’écrivain le plus célèbre de France. Le billet reprend un portrait au verso avec des éléments du Petit Prince disséminé. Au verso, on voit un avion, le Breguet de Saint-Ex.

Ce billet a vu l’apparition de nouvelles techniques d’impression. Mais il est surtout connu des numismates pour s’abîmer très vite.

De ce fait, il cote très bas. A environ 5 euros en excellent état. En fait, seul le billet neuf a de la valeur, entre 20 et 25 euros.

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