Comment devenir chauffeur VTC ?

Ces dernières années, de nouveaux métiers ont vu le jour. Parmi ceux-ci, le chauffeur VTC. Cette profession était quasi inexistante il y a encore une décennie. Mais depuis l’arrivée sur le marché de nouvelles applications, comme Uber, ce type de profession s’est développé. Et son essor a été exponentiel. Jusqu’à devenir un job à part entière et qui remplace petit à petit le métier de taximan. Ce fut d’ailleurs un point de tension entre les deux corps de métier qui se sont souvent retrouvés face à face dans la rue, manifestant à tour de rôle pour une meilleure protection juridique de la part du gouvernement. Mais il n’en reste pas moins que cette profession est aujourd’hui aussi bien encadrée que les autres et qu’il n’est plus aussi simple de devenir chauffeur VTC ! Alors, comment devenir chauffeur VTC?

Taximan, un métier en voie de disparition ?

Devenir chauffeur VTC ne s’improvise pas du jour au lendemain. Ce n’est pas un métier à prendre à la légère et il faut pouvoir s’investir sur le long terme pour pouvoir devenir rentable.

De tout temps, les gens ont eu besoin de chauffeurs pour se déplacer. C’était déjà le cas au Moyen-âge, à la Renaissance, dans le Far West avec les diligences, etc. Le métier de chauffeur est donc aussi vieux que le monde ou presque. Et pourtant, il s’agit d’un métier qui reste relativement méconnu et dont on parle sans trop savoir ce qu’il englobe.

Au siècle dernier, avec l’arrivée de l’automobile, le métier de chauffeur s’est transformé en celui de taximan. A une exception près, e métier de chauffeur personnel. Ces derniers étaient réservés à la classe dirigeante qui avait les moyens de se permettre un chauffeur personnel pour se faire conduire. On conduisait alors des chefs d’Etat, des ministres, des personnalités connues ou encore des chefs d’entreprise. Et gagner la confiance de ces personnes était très difficile. De fait, c’était un métier très réservé et un milieu dans lequel on ne rentrait pas.

Au contraire de celui de taximan qui était ouvert à tous, du moment que l’on avait son permis de conduire et une bonne connaissance du plan de la ville. Ainsi, les taximen ont parcouru des millions de kilomètres, transportant des gens de l’aéroport ou de la gare à leur domicile, ou d’un point A à un point B.

Ces taximen, le grand public n’en connaît rien, si ce n’est leur voiture avec signe distinctif et le fait de les utiliser une à deux fois par an pour la grande majorité des Français. En effet, la mentalité européenne a tendance à ne pas prendre en considération les taxis comme mode de déplacement, contrairement à ce qui se fait aux Etats-Unis où les taxis roulent non-stop et chargent des clients à tour de bras.

C’est donc aujourd’hui un métier sur le déclin qui voit apparaître une nouvelle concurrence, celle des chauffeurs privés de VTC.

Taxis à New-York
Le taxi est moins intégré en France qu’il ne l’est dans d’autres pays

Chauffeur VTC, un métier, une passion

Le chauffeur VTC (pour Voiture de Transport avec Chauffeur) transporte ses clients où ils ont besoin. Le service rendu contre rémunération est identique à celui d’un taxi, mais il ne s’apparente pas tout à fait à un taxi. Si l’on doit regarder les missions d’un chauffeur VTC, elles pourraient se confondre à celles d’un taxi : il doit transporter des passagers du point A jusqu’au point B.

Mais il ne peut pas agir comme un taxi du fait de la réglementation. Après de multiples manifestations, les taxis ont réussi à obtenir des « exclusivités », si on peut les appeler comme cela. Ces derniers, se sentant en danger face à l’évolution du métier et à la mondialisation, ont demandé à ce que le cadre de travail des nouveaux arrivants soit extrêmement sévère afin de ne pas subir trop de concurrence. Concurrence qu’ils considèrent comme déloyale.

Ainsi, le chauffeur VTC est obligé de :

  • prendre ses passagers sur réservation. Il ne peut pas charger de client qui le hèle en rue, car la prise en charge sur la voie publique est réservée aux taxis.
  • proposer un tarif forfaitaire avant la course. Il ne peut donc pas installer de compteur comme un taxi.
  • stationner dans un parking ou un garage entre deux courses. Contrairement aux taxis, il ne peut pas se mettre dans une file d’attente pour charger un client.
  • posséder une réservation pour chaque client qu’il transporte. Il doit donc prouver la bonne conduite de son entreprise de VTC par rapport aux règles, et ce pour chaque client
  • rouler dans une voiture haut de gamme

Toutes ces contraintes font que le métier de vétéciste n’est pas simple. D’une part, il y a les contraintes financières que cela représente, et d’autre part, les contraintes administratives. Ainsi, si le chauffeur VTC n’est pas motivé par une passion, il lui sera difficile de tenir le rythme.

Que faut-il pour devenir chauffeur VTC ?

Pour devenir chauffeur VTC, il ne faut pas de diplôme, mais il faut de la passion. Mais pas uniquement. En tant que chauffeur personnel de limousine, il y a un minimum de tenue et de conduite à avoir. Par exemple, si le chauffeur a fait l’objet de condamnation pour son comportement sur la route, cela peut être rédhibitoire lorsqu’il demandera sa licence de travail.

Un chauffeur VTC doit donc être irréprochable dans sa vie personnelle. Il doit bien présenter, ce qui implique qu’il se déplace en costume et qu’il prenne soin de lui (pas de barbe mal taillée ou pas entretenue, par exemple).

Il doit maîtriser la mécanique de base au cas où son véhicule tombe en panne. Démarrer une batterie, connaître le fonctionnement du moteur, remplacer un pneu crevé, contrôler les alertes sur l’écran de bord, etc. Tout cela, il peut le faire pour que son client soit satisfait de la course.

Ensuite, il doit connaître sa zone de travail comme sa poche. Pour qu’il soit reconnu comme un bon chauffeur VTC, il doit pouvoir trouver les adresses et rues sans demander à son client et sans suivre les indications GPS. Evidemment, il y a toujours une limite et nul ne peut connaître toutes les rues d’une ville. De même, certaines applications, comme Waze, font gagner un temps précieux et un chauffeur VTC doit pouvoir faire une bonne balance entre ses connaissances et une optimisation du gain de temps pour ses clients.

Enfin, si le chauffeur VTC veut pouvoir percer dans le métier et se faire une place, il doit pouvoir se démarquer aux yeux du client. Ce dernier est différent à chaque fois et il faut pouvoir s’adapter aux demandes de chacun. Certains clients aiment les discussions tandis que d’autres préfèrent ne pas discuter avec le chauffeur. Inutile de lui imposer une discussion. De même, pas d’appels téléphoniques durant la course, pas de radio allumée.

Dernier mot, la discrétion. Il faut être discret et respecter la vie privée du client !

Chauffeur VTC, un métier de contact
Chauffeur VTC, un métier de contact

Mais devenir chauffeur VTC ce n’est pas que cela

Pour devenir chauffeur VTC, il ne faut pas être uniquement discret, poli et être propre sur soi. Il y a aussi toutes des formalités à remplir au vu de l’encadrement très strict du métier de vétéciste.

Ainsi, il faut obtenir une carte professionnelle de la part du préfet du département, il faut répondre à plusieurs conditions, passer un examen, créer sa société, etc.

En bref, toute une série de démarches administratives et pratiques qui demanderont du temps et mettront à rude épreuve la motivation du candidat chauffeur VTC.

Focus sur les démarches pour devenir chauffeur VTC

Comment se déroule la formation et l’examen ?

Pour devenir chauffeur VTC, c’est-à-dire chauffeur privé, il faut pouvoir réussir un premier examen. Cet examen n’est pas à la portée du premier venu et il faudra étudier assidûment pour parvenir à décrocher ce premier sésame. Il est possible de le passer en candidat libre et il ne nécessite pas de diplôme préalable.

L’examen de chauffeur VTC dure 3h50 et se compose de 7 épreuves distinctes :

  • l’évaluation de la réglementation des transports
  • la connaissance de la sécurité routière
  • la gestion et la connaissance de base d’une entreprise
  • la compréhension du français
  • la compréhension de l’anglais
  • la connaissance de la réglementation nationale des VTC
  • le développement commercial

L’examen, pour toutes les épreuves, se fait sous forme de questions à choix multiples (QCM) et de questions à réponses courtes (QRC).

Il est possible d’étudier seul l’examen, de s’inscrire et de s’y présenter. Mais il est conseillé de passer par une formation agréée afin d’être sûr de maîtriser tous les aspects. Il s’agit de formations en modules qui préparent les candidats aux différentes épreuves. Mais cela à un coût. Une formation n’est jamais gratuite ! Cela dit, certaines applications de chauffeurs ont des partenariats avec des centres et peuvent vous proposer des tarifs avantageux.

Depuis la loi Grandguillaume il y a quelques années, l’examen n’est plus organisé par la préfecture, mais par la Chambres des Métiers de l’Artisanat (CMA).

Depuis 2016, il n’est plus nécessaire de passer par la formation obligatoire de 250 heures pour obtenir la carte VTC. Seul l’examen compte dorénavant. Mais cela n’exonère pas le chauffeur VTC de sa formation continue obligatoire tous les 5 ans. En effet, tous les 5 ans, le chauffeur VTC doit suivre 14 heures de cours dans un centre de formation agréé.

Taxi ou VTC
Taxi ou VTC, un cursus bien différent

Obtenir la carte pro VTC, un nouvel obstacle ?

Pour obtenir la carte professionnelle de chauffeur VTC, il faut réaliser une demande par écrit au préfet du département. Celui-ci a trois mois pour répondre à votre demande et vous délivrer une carte professionnelle VTC.

Mais pour que cette demande soit valable, il faut répondre à plusieurs conditions. La simple réussite de l’examen ne suffit pas. Il s’agit également de prouver qu’on est capable de faire ce métier (avoir son permis par exemple) et qu’on sera irréprochable au volant (casier judiciaire vierge). En bref, il faut :

  • être détenteur d’un permis B depuis au moins trois ans
  • réussir l’examen de chauffeur VTC ou avoir au moins un an d’expérience dans le transport de personnes durant les 10 dernières années
  • avoir passé avec succès une visite médicale
  • être inscrit au registre des VTC
  • avoir un casier judiciaire vierge
  • avoir réussi la formation de prévention et de secours civiques (niveau PSC1 au minimum)
  • comprendre l’anglais, qui est évalué pendant l’examen

Créer sa société, ou comment commencer à travailler ?

Une fois l’examen réussi, en candidat libre ou non, et une fois la carte pro délivrée, il ne s’agit plus que de se mettre au travail et de créer son business plan ! Mais pour cela, il faut avoir un véhicule et le cadre juridique pour exercer sa nouvelle profession. Ainsi, il faut créer sa société et choisir la structure juridique qui convient le mieux.

En fait, il existe deux statuts possibles. Soit il faut créer une société, soit il faut prendre le statut d’auto-entrepreneur. Chacun des deux a ses propres avantages et inconvénients. Au début, il sera tentant d’opter pour le statut d’auto-entrepreneur, car il est adapté aux personnes qui débutent. Mais une fois l’activité sur les rails et bien lancée, c’est un statut qui n’a plus lieu d’être.

En effet, contrairement à l’auto-entrepreneur, le statut de société permettra de déduire les charges liées à l’exploitation de la société. On peut citer le plein d’essence, le leasing de la voiture et les cotisations sociales et autres charges à payer.

Si on opte pour le statut de société, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut joindre une copie de la carte pro et préciser l’objet social de la société auprès du Greffe du Tribunal de commerce lors de l’immatriculation de la société.

Dans la pratique, de nombreux chauffeurs particuliers optent pour le statut d’EURL, ou de SASU.

La SASU, c’est quoi ?

Une SASU est une société par actions simplifiées unipersonnelle (SASU). Ce statut permet de mettre les biens personnels de l’exploitant hors de portée des éventuels futurs créanciers. En clair, il s’agit d’un statut hybride où, bien que seul dans la société et indépendant, le patrimoine privé est scindé de celui de la société (de l’outil de travail), ce qui confère un sentiment et un aspect sécuritaire.

Il y a donc un caractère « à responsabilité limitée » que l’on retrouve également dans la SARL. La seule exception notable à ce régime est effectivement si la responsabilité personnelle est engagée. Par exemple, en cas de malversations ou de non paiements de certaines cotisations. La clause d’excusabilité saute et le gérant est alors inexcusable.

Le régime fiscal est également plus avantageux que celui d’auto-entrepreneur. Il y a en fait un triple avantage fiscal :

  • Tout d’abord, les frais professionnels sont déductibles du chiffre d’affaires et l’imposition ne porte que sur les bénéfices réalisés. Par exemple, l’essence, l’entretien, les réparations, les frais généraux, etc.
  • Ensuite, la récupération de la TVA. Comme le chauffeur VTC offre un service, celui-ci est soumis à la TVA. Et le chauffeur VTC doit reverser la TVA auprès de l’administration. Dans le cas où sa société acquiert des biens, il aura le droit de déduire la TVA payée de celle qu’il doit payer.
  • Enfin, il n’y a pas de plafond pour le chiffre d’affaires. Sous statut d’auto-entrepreneur, le plafond est limité à 70 000 € par an, soit 1 350 € par semaine. Or, le chiffre d’affaires ne correspond pas à ce que le chauffeur gagne effectivement, mais bien à ce qu’il perçoit de ses clients. Et dont il doit encore déduire les frais et les charges. Attention donc à ne pas dépasser les limites lorsqu’on prévoit sa société et son budget.

Enfin, pour parler encore du SASU, il faut également souligner que le régime social qui s’y applique est simple et protecteur. Un dispositif prévu par le gouvernement afin de limiter les tâches administratives qui incombent au gérant d’une société. Contrairement à ce qu’on peut retrouver dans une SARL.

L’associé unique d’une EURL est tenu de payer une cotisation minimale à titre d’assurance maladie et de retraite. Même s’il n’a pas de rémunération. Il est affilié au régime des travailleurs non salariés, à la Sécurité sociale des Indépendants. Mais si l’on opte pour le statut de SASU, la cotisation n’est obligatoire qu’en cas de rémunération. De plus, dans la plupart des cas, le dirigeant de la société est en même temps le salarié de l’entreprise, ce qui signifie qu’il bénéficie d’une couverture plus large que celle du gérant associé de l’EURL.

A court terme, le choix de la SASU est plus intéressant.

A long terme, si le but est de payer le moins de cotisations sociales possibles tout en ayant une rémunération chaque mois, l’EURL est plus intéressante que la SASU.

La création d’un business plan éclairera le candidat sur ce qu’il convient de faire.

Comment s’inscrire au registre des VTC ?

Une fois que la société a été immatriculée au Greffe du Tribunal de commerce, ou que l’auto-entreprise a été créée, il faut obtenir la licence VTC.

Les licences sont émises par le registre des VTC.

Tout peut se faire en ligne via le site du Ministère des Transports. L’inscription est valable 5 ans et son délai d’obtention est d’un mois.

L’inscription, bien qu’en ligne, nécessite plusieurs informations et copies de documents. Il faudra fournir :

  • une attestation d’assurances de la responsabilité civile professionnelle
  • une copie du justificatif d’immatriculation de l’entreprise
  • une copie du certificat d’immatriculation
  • une copie de la carte professionnelle VTC
  • Un justificatif de la capacité financière à moins d’être propriétaire du véhicule ou d’avoir un contrat de location de longue durée

L’inscription est payante et coûte 170 €. Un dernier coût à ajouter au budget.

L'essor des VTC
L’essor des VTC peut inciter à s’interroger sur comment devenir chauffeur à son tour

Comment un chauffeur VTC gagne sa vie?

Un chauffeur VTC peut être indépendant ou salarié. Si la majorité des chauffeurs se lanceront seuls sous forme d’auto-entrepreneurs ou de SASU, il n’en reste pas moins que certains opteront pour le travail de salariés auprès d’une compagnie de chauffeurs privés.

Dans le salariat, un bon chauffeur VTC peut s’attendre à gagner un salaire entre 1 500 € et 2 500 € par mois, en net. Comme il s’agit d’un emploi très spécifique, la rémunération est souvent scindée entre une partie de fixe et une partie variable qui dépendra des résultats et du chiffre d’affaires du chauffeur. Une sorte d’intéressement aux bénéfices. On retrouve ce type de rémunération dans les sociétés de taxis, chez les concessionnaires auto, etc. Cela permet de motiver le chauffeur à travailler plus et mieux.

Dans ces sociétés, il est possible de travailler comme chauffeur privé, comme chauffeur VTC ou encore comme chauffeur de grande remise.

Comme indépendant, il est plus difficile d’évaluer le salaire qu’il est possible de sortir chaque mois. Et chaque mois, le montant de la rémunération sera différent, avec parfois, peut-être, des mois sans rémunération.

Pour travailler comme indépendant, il faut avoir le statut d’auto-entrepreneur ou avoir une société de type EURL ou SASU. Mais le client ne vient pas seul et il faudra passer par une société pourvoyeuse de courses pour remplir l’agenda de courses. Des sites comme Uber ou Lecab sont de parfaits exemples. Néanmoins, pour chaque course obtenue, il faudra reverser une partie de sa rémunération, jusqu’à 20 % dans la majorité des cas.

Au niveau des évolutions de carrière, il n’en existe pas réellement. Si le travail fonctionne bien, il est possible d’engager des employés dans sa société, mais cela peut être compliqué et les charges sont très lourdes. Dans une société, il est possible de devenir dispatcheur, mais le gain se fait surtout sur la qualité de vie, même si le salaire augmente quelque peu. En effet, le dispatcheur  reste à la centrale et dispatche les courses entre chaque chauffeur et optimise le service au client en diminuant le temps d’attente. Il n’y a alors plus de courses et de temps passé dans la voiture.

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