Salaire d’un éboueur

Fréquemment débout sur les marchepieds prévus à l’arrière de son camion de collecte, l’éboueur monte et descend pour soulever et déverser des tonnes déchets dans la benne à ordures. Il exerce un métier salissant et très épuisant qui s’inscrit dans le cadre de la préservation de l’environnement et de la salubrité des communes. Les poubelles s’entasseraient sur les trottoirs, les rues seraient sales et polluées sans le dévouement de ce professionnel de l’hygiène. Jugée moins prestigieuse que d’autres, sa profession s’avère pourtant très nécessaire à la société, à la planète et requiert certaines compétences et qualités. L’éboueur exerce un métier risqué, associé à des accidents de travail récurrents et à moult maladies professionnelles. Aussi difficile soit-il, ce métier lui permet de percevoir une rémunération et de gagner sa vie. Avant de traiter du salaire d’un éboueur, il importe de s’intéresser à son milieu, à son quotidien.

Qu’est-ce qu’un éboueur ?

Communément appelé ripeur ou chauffeur ripeur, un éboueur est un agent chargé de la collecte des déchets. Également appelé agent de la propreté urbaine ou professionnel de l’hygiène et de l’environnement, il assure le ramassage des ordures. C’est lui qui collecte les déchets des entreprises, des collectivités et des ménages disposés le long des trottoirs en vue de les charger dans la benne d’un camion de collecte d’ordures.

Ordures
Sans l’éboueur, les poubelles s’amoncelleraient dans les rues. Villes et campagnes seraient insalubres et polluées.

Debout sur le marchepied, à l’arrière du camion de ramassage, l »éboueur collecte les ordures avec un ou plusieurs coéquipiers. Il s’agit d’un employé d’une collectivité territoriale ou d’une entreprise privée de nettoyage qui a également pour mission de convoyer les déchets collectés jusqu’à une décharge, un site d’enfouissement, une usine de recyclage ou dans un endroit destinés à l’incinération des déchets. Exposé aux intempéries et aux canicules, il travaille au milieu de la circulation, dans un milieu moins confortable, avec notamment une puanteur perpétuelle, pour maintenir la ville propre.

Quelles sont les missions d’un éboueur ?

La collecte des déchets de la voie publique et l’acheminent de ceux-ci jusqu’à un point de retraitement, constituent des missions d’un éboueur. Pour ce faire, de jour comme de nuit, équipé d’un matériel de travail (vêtement, un gilet réfléchissant, gants…), juché sur le marchepied à l’arrière d’un camion, à chaque arrêt du conducteur, il descend lorsqu’il y a une poubelle à ramasser.

A chaque halte, il va s’emparer des poubelles, sacs, bacs roulants ou déchets en vrac en traversant, parfois la chaussée. Il vide le contenu des poubelles dans la trémie, et les remet à leur place. Il actionne le lève-conteneur pour faciliter le déversement des déchets dans la benne et met en marche le système de compression pour réduire le volume des déchets chargés dans la benne. Dans le souci de laisser l’endroit propre lors de ses passages, il ramasse les déchets qui tombent lorsqu’il soulève les poubelles et les met dans le camion.  

La mission de l’éboueur peut également consister à nettoyer la voirie autour des conteneurs à ordures, à balayer un endroit précis, à ramasser les déchets, les feuilles mortes, dans un secteur. Aussi, il nettoie les outils de ramassage à la fin de la tournée pour une prochaine utilisation.

Quelles sont les compétences requises pour être éboueur ?

Une bonne forme physique et une bonne santé

L’éboueur est soumis à un rythme et à des conditions de travail éprouvants, voire fortement contraignants. Il s’agit d’un travail très physique et épuisant qui requiert une bonne forme physique et une bonne santé pour adopter une station débout prolongée, enchaîner diverses activités ou pour réaliser les manutentions. Une endurance physique est requise pour sauter du marchepied du camion, pour soulever les poubelles, la nuit ou tôt le matin sous la pluie, la chaleur. Le fait d’être robuste, constitue un atout qui permet de déplacer et de déverser les poubelles ou de manipuler les charges qui sont parfois lourdes ou pour fournir un effort physique répété ou prolongé dans le temps. L’éboueur doit avoir le dos solide, des bras et des jambes bien valides pour soulever ou pousser les charges.

Avoir la force et les capacités pour travailler sous les températures extrêmes

Un éboueur doit parfois se lever tôt pour aller au travail. Il peut exercer son métier très tôt le matin ou au cours de la nuit, à des heures décalées, dans des conditions climatiques qui sont parfois difficiles à supporter : le grand froid ou la forte chaleur. Il doit donc avoir les ressources pour résister face à ces températures qui prévalent dans la rue afin d’exercer son métier. Aussi, il doit avoir la force pour travailler sous des vents violents ou sous toutes les conditions météorologiques.

 Accepter d’exercer dans un milieu salissant et supporter les odeurs

Le métier peut s’avérer salissant et n’est pas adapté pour les personnes qui ne veulent pas se salir ou ne veulent pas être confrontées à la saleté. Il s’agit d’un métier qui s’exerce dans un milieu salissant avec parfois des odeurs nauséabondes qui peuvent provenir des poubelles. L’éboueur doit pourvoir supporter constamment la saleté, les poubelles pleines d’asticots, mais également la puanteur.

Collecte des ordures
Être éboueur, c’est accepter de soulever de lourdes charges, de travailler dans un environnement salissant avec des horaires qui peuvent changer en fonction des quantités d’ordures à collecter.

Une rapidité et une vigilance accrues

L’éboueur est un agent qui doit être agile  pour sauter rapidement du marchepied du camion pour collecter les ordures. Il doit prendre des dispositions pour effectuer ses missions sans gêner la circulation. Toute lenteur dans l’exécution des taches peut obliger à stationnement du camion pendant un long moment, ce qui, dans bien des cas, peut perturber la circulation.

A cette rapidité d’action, il doit associer une vigilance accrue lorsqu’il doit traverser la route ou manipuler les poubelles afin d’éviter tout accident. En effet, tout manque de vigilance ou de concentration peut l’exposer à un accident de la circulation ou à accident du travail (blessure par un objet tranchant contenu dans la poubelle ou par le système de broyage du camion de collecte des ordures…).

Savoir travailler en équipe

L’éboueur exerce son métier en faisant  partie d’une équipe qui comprend au minimum 3 personnes (le chauffeur et deux éboueurs). Il s’agit alors d’une profession qui exige un sens élevé du travail en équipe. L’éboueur doit travailler en tenant compte de ses collègues, collaborer avec eux et éviter de travailler de façon isolée. Les stratégies de communication verbale et auditive et la promptitude à assister le coéquipier pour soulever une charge lourde doivent prévalent pour favoriser un climat de sécuritaire et efficace.

Avoir des connaissances et des habiletés dans des domaines spécifiques

Le métier d’éboueur requiert des connaissances relatives aux règles qui prévalent en matière de salubrité, de propreté et d’hygiène publique. Il travaille en plein air, à proximité de la route, il doit donc connaître les règles de sécurité. En ce qui concerne le matériel de collecte, il doit savoir l’utiliser et l’entretenir. Par-dessus tout, il doit savoir collecter les déchets.

Avoir une bonne acuité visuelle et auditive

L’éboueur peut exercer dans un milieu bruyant avec notamment la circulation des véhicules, les bruits qui peuvent prévaloir en plein air, etc. Pour ce faire, il doit pourvoir supporter le bruit, mais également avoir une acuité auditive qui lui permet d’entendre convenablement dans le bruit. Il peut également travailler la nuit. Par conséquent, une bonne vision nocturne s’impose. II doit avoir une excellente vision qui lui permet de voir de loin.

Exercice physique
En plus d’avoir une bonne acuité visuelle et d’être très vigilant, l’éboueur (euse) doit jouir d’une excellente forme physique.

Comment devenir un éboueur ?

Mode de recrutement

Un diplôme n’est pas toujours nécessaire pour exercer la profession d’éboueur. Ainsi, il est possible de devenir éboueur sans une formation initiale, sans condition de diplôme et en apprenant auprès d’un employeur ou sur le tas. Ainsi, l’éboueur peut être recruté par une municipalité, parfois après avoir subi un examen. En effet, certaines municipalités organisent des concours ou des tests (physique, d’endurance…) avant de procéder au recrutement d’un éboueur qui détient alors le statut d’agent des collectivités territoriales. 

Aussi, certaines entreprises privées de nettoyage procèdent également au recrutement des éboueurs. L’éboueur peut postuler auprès de ces entreprises privées de collecte des déchets, souvent sous contrat de sous-traitance avec les communes ou auxquelles les municipalités confient le service d’hygiène de la ville.

Études / Formation pour devenir éboueur

Des formations ou des études particulières ne sont pas toujours exigées pour devenir éboueur. Cependant, certains diplômes constituent un plus, pour faciliter l’embauche ou l’accès à des postes de superviseurs. Ainsi, certains diplômes peuvent être recherchés par certains employeurs et accroissent les opportunités pour devenir éboueur. Il s’agit notamment d’un Certificat d’Aptitudes professionnelles (CAP) dans le domaine de la gestion des ordures ou d’un baccalauréat (Bac) en matière d’hygiène.

Ainsi, pour le niveau CAP, il en existe pour :

  • Propreté de l’Environnement Urbain – Collecte et Recyclage (PEUCR);
  • Agent d’assainissement et de collecte des déchets liquides spéciaux
  • Gestion des déchets et propreté urbaine;
  • Opérateur des industries de recyclage.

En ce qui concerne le niveau Bac, les diplômes proposés sont :

  • Bac pro GPPE –  gestion des pollutions et protection de l’environnement;
  • Baccalauréat Professionnel spécialisé dans l’hygiène:
  • Bac pro Hygiène, propreté, stérilisation.

Quels sont les risques liés à l’exercice de la fonction d’éboueur ?

Les risques liés aux chutes

L’exercice de la profession d’éboueur est lié à des risques de chutes ou de glissades consécutives à des conditions météorologiques. La pluie peut rend le sol glissant. La neige peut recouvrir le sol et réduire l’adhérence. Le vent peut induire une déstabilisation. Un terrain incliné peut favoriser la chute de l’éboueur. Le risque de chute ou de glissade est fréquent sur des surfaces glissantes, mais également sur des terrains accidentés. Les chutes peuvent également survenir lorsque l’éboueur, juché sur le marchepied, ne parvient pas à bien saisir la barre de préhension. Il peut également chuter à la hauteur de la cabine en montant ou en descendant de la cabine du camion.

Les risques liés au fait de soulever les charges

Le fait de soulever de façon répétitive des charges, en adoptant parfois de mauvaise posture, peut provoquer des dommages physiques au niveau de la colonne vertébrale, des douleurs au niveau du dos ou des douleurs dorso-lombaires. L’éboueur peut être affecté par une lombalgie, des cervicalgies, des épaules douloureuses, des tendinites, des blessures  physiques. 

Les risques liés aux objets dangereux

Lors de la collecte des ordures, l’éboueur peut être en contact avec des objets dangereux, notamment les objets coupants, tranchants ou pointus. Souvent emballés dans un sac à ordures en plastique, ils peuvent blesser l’éboueur lorsqu’ils les transportent vers le camion.

Les épines des branches d’arbre, des clous, des vis, les seringues, les morceaux de vitre, de verre brisé, des fragments d’ampoule, des lames sont susceptibles de provoquer des égratignures ou des blessures plus ou moins graves au bras ou au niveau d’une autre région anatomique du corps. Les risques de blessures peuvent survenir par contact avec les objets dangereux, mais également par projection des éclats de verres susceptibles de pénétrer dans la peau.

Les risques liés à des substances chimiques biologiques ou toxiques

Les ordures peuvent contenir des matières particulièrement dangereuses avec lesquelles l’éboueur peut entrer en contact. Ce sont, notamment les produits chimiques, biologiques, des pesticides, l’acide de batterie, susceptibles de provoquer des brûlures, des infections. Un empoisonnement ou une contamination par des bioaérosols peut également survenir.

 Les risques liés à des accidents

L’éboueur se tenant debout à l’arrière du camion n’est pas épargné par les nuisances consécutives au bruit du camion. Une explosion, une projection de débris ou un feu peuvent survenir au niveau de la benne et affecter l’éboueur qui peut par ailleurs heurter le marchepied du camion. L’éboueur peut être heurté par un véhicule en traversant la rue ou par le camion de collecte des ordures qui recule ou lors d’une marche-arrière. En tentant de retirer un objet coincé dans la trémie ou  en essayant de retenir un objet qui tombe dans la trémie lors du compactage, l’éboueur peut subir un accident susceptible de provoquer des blessures plus ou moins graves.

Camion de rassage d'ordures
Les éboueur sont exposés aux accidents de travail. Une petite inattention et le pire est arrivé …

A combien s’élève le salaire d’un éboueur ?

Comment est rémunéré un éboueur ? L’éboueur entame sa carrière en percevant le SMIC, plus des primes ou indemnités. Ces primes ajoutées au revenu mensuel dépendent des conditions de travail, du statut de l’entreprise au sein de laquelle il travaille. Elles permettent à l’éboueur de percevoir une rémunération mensuelle supérieure au SMIC.

Quel Salaire pour un éboueur à Paris ?

Dans le public, cette rémunération mensuelle est liée au grade, à l’ancienneté et à l’échelon. Dans la fonction publique territoriale, notamment à la Mairie de Paris, l’éboueur de 1er  échelon et d’un an d’ancienneté peut percevoir un salaire brut d’environ 1513,58 €.

Avec l’expérience, le salaire de l’éboueur évolue au fil des années. Avec un à deux ans d’ancienneté, ce professionnel est mensuellement payé entre 1513 euros et 1790 euros s’il est au bas de la hiérarchie, entre 1527 euros et 1907 euros s’il est éboueur principal, entre 1743 euros et 2164 euros s’il est éboueur principal de classe supérieure.

A cela s’ajoute divers avantages :

  • la prime de salissure;
  • prime de transport ou prime de panier;
  • l’indemnité de salissure;
  • la GIPA (Garantie Individuelle du Pouvoir d’Achat);
  • l’IA (Indemnité d’Astreinte);
  • l’IAT (Indemnité d’Administration et de Technicité);
  • ICPE (Indemnité de Chaussure et petit Equipement);
  • RIFSEE (Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, l’Expertise et l’Engagement);
  • ISG (Indemnité de Sujétion Géographique);
  • les travaux effectués le dimanche sont majorés à 50 %.

Quelle est la Rémunération d’un éboueur à Strasbourg ?

A Strasbourg les ripeurs sont rémunérés en fonction de l’âge et de l’ancienneté. Le salaire net moyen mensuel se présente comme suit :

  • Moins de 25 ans : 1339 €;
  • De 25 à 39 ans : 1716 € ;
  • De 40 à 49 ans : 1862 €;
  • De 50 à 54 ans : 1939 € ;
  • Plus de 55 ans : 2064 € ;

Paie d’un éboueur à Marseille

A Marseille, le salaire d’un éboueur s’élève à 1278 € (montant brut), avec à la clé des primes estimées de 459 €, une carte de transport à 90% gratuite, et une mutuelle pour 15 heures de travail par semaine. Le cumul salaire brut avec les primes atteint 2250 € par mois.

Quid du salaire d’un éboueur à Lyon ?

A Lyon le salaire brut de l’éboueur débutant est de  1710 € par mois et celui du salarié en fin de carrière est de 2048 €.

Billets de banque
En début de carrière, un éboueur perçoit un salaire brut correspondant au SMIC. Avec 2 ans d’ancienneté, il peut toucher 2000 euiros, voire plus s’il devient chauffeur de camion de collecte d’ordures.

Avantages d’un éboueur exerçant dans le secteur privé

Le salaire d’un éboueur diffère aussi selon son employeur. Plusieurs entreprises privées exercent dans le secteur de l’assainissement urbain. Au nombre de celles-ci figurent Derichebourg, Urbaser et Veolia. Les éboueurs de cette dernière bénéficient de plusieurs avantages Il s’agit notamment de :

  • 25 jours de vacances ;
  • 12 jours de RTT (Réduction du Temps de Travail) ;
  • Les jours fériés travaillés sont payés à 100% avec une journée à récupérer (2 pour le 1er Mai) ;
  • 35 heures de travail par semaine ;
  • 600 à 1000  € comme prime d’intéressement ;
  • 200 à 600  € comme prime de participation aux bénéfices.
  • 13ème mois ;
  • 8 € comme tickets restaurants ;
  •  Une mutuelle d’assurance;
  • des chèques vacances.

Sources :

  • Vocation servicepublic.fr : Grille indiciaire : métier Eboueur de la ville de Paris, février  2019 https://vocationservicepublic.fr/spip.php?page=grille-indiciaire-metier&id_metier=1191
  • juritravail.com : Agent (e) de propreté urbaine https://www.juritravail.com/salaire/onisep/agent-proprete-urbaine.html
  • carrieres-publiques.com : Agent de collecte des déchets https://www.carrieres-publiques.com/fiche-metier/detail/metier-agent-de-collecte-des-dechets-m-170
  • Santé et travail. Déni, visibilité, mesure, Acte de la recherche en sciences sociales, 2006
  • Delphine Corteel et Stéphane Le Lay, Les travailleurs des déchets, aux éditions Eres, 2011

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