L’ascension fulgurante de Sadri Fegaier, autrefois surnommé le « plus jeune milliardaire de France », s’est transformée en une chute spectaculaire. Passant d’une fortune colossale de 1,4 milliard d’euros à une condamnation pour pratiques commerciales trompeuses, son parcours illustre un revers financier majeur. Le fondateur de la SFAM a vu son empire s’écrouler avec la liquidation judiciaire de son groupe en 2024, tandis que des milliers de clients se constituaient parties civiles dans cette affaire d’escroquerie massive qui a secoué le monde des assurances pour appareils électroniques.
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De l’ascension fulgurante à une fortune estimée à 1,4 milliard d’euros
Issu d’une famille modeste de Romans-sur-Isère, avec un père routier et une mère femme de ménage, Sadri Fegaier a bâti un empire avec un simple BTS en poche. Sa carrière phénoménale dans le secteur des assurances débute au tournant des années 2010 avec la création de la SFAM, spécialisée dans la protection des téléphones portables et appareils électroniques.
- Croissance vertigineuse de 2400% en cinq ans
- Entrée au classement des grandes fortunes françaises à seulement 37 ans
- Acquisition de 11,34% du capital de la Fnac pour 330 millions d’euros
En 2018, sa fortune personnelle atteint 1,4 milliard d’euros, le propulsant à la 73ème position des Français les plus riches selon le magazine Challenges. Son groupe, valorisé jusqu’à 1,7 milliard d’euros, a noué des partenariats stratégiques avec SFR et Fnac-Darty, consolidant ainsi sa position dominante dans le secteur des assurances multirisques.
Le système d’escroquerie derrière l’empire Indexia
Le modèle économique du groupe reposait sur un mécanisme frauduleux sophistiqué. Les prélèvements bancaires non autorisés constituaient le cœur de cette machination, complétée par une procédure délibérément complexe pour décourager toute demande de résiliation ou remboursement.
- 743 000 signalements enregistrés par la DGCCRF entre 2014 et 2021
- Plus d’un million de demandes de remboursement ignorées en six ans
- Préjudice total estimé à 29 millions d’euros
Le tribunal de commerce de Paris a constaté que « le business plan de l’entreprise avait été construit sur l’escroquerie« . Les clients victimes se voyaient prélever entre 6 000 et 8 000 euros en moyenne sur cinq ans, alimentant ainsi la croissance artificielle de l’empire Indexia et des sociétés affiliées.
Plus de 600 clients plaignants : un procès aux lourdes conséquences
Le procès pénal qui s’est déroulé à l’automne 2024 a révélé l’ampleur des pratiques commerciales frauduleuses du groupe. Pas moins de 2 575 clients se sont constitués parties civiles, réclamant justice face à ce système organisé d’escroquerie.
- Condamnation à 2 ans de prison dont 16 mois ferme
- Amende personnelle de 300 000 euros
- Interdiction de gestion pendant 5 ans
Le verdict du 17 décembre 2024 a également ciblé six sociétés du groupe, condamnées à des amendes allant de 150 000 à 1,5 million d’euros chacune. Les fortunes bâties sur des pratiques douteuses s’effondrent souvent face à la justice, comme en témoigne la saisie des trois propriétés du milliardaire déchu à Ratières, Peyrins et Clérieux.
De l’ambition démesurée à la faillite totale
L’effondrement financier du groupe s’est accéléré en 2024 avec la liquidation judiciaire successive de la SFAM en avril, puis des filiales d’Indexia en mai. Le bilan est catastrophique : un passif de 616 millions d’euros contre seulement 70 000 euros d’actifs.
- 12 millions d’euros d’arriérés réclamés par l’Urssaf
- 20 millions d’euros saisis sur ses avoirs personnels et professionnels
- Salaires non versés aux employés en avril 2024
Le train de vie somptueux de l’ex-tycoon contrastait avec la situation financière désastreuse de ses entreprises. Son haras dans la Drôme, où il organisait des compétitions équestres prestigieuses attirant des célébrités, symbolisait cette démesure. La mise en liquidation de ce domaine sur requête du procureur marque l’épilogue d’une fortune bâtie sur du sable.

Passionné de numismatique.