Le nom de Darie Boutboul résonne dans l’univers des courses hippiques françaises comme celui d’une pionnière audacieuse. Née le 28 septembre 1958 à Boulogne-Billancourt, cette femme a marqué l’histoire en devenant la première jockey française à remporter un tiercé. Sa fortune, estimée à environ 66 millions d’euros, témoigne d’un parcours exceptionnel dans un milieu initialement fermé aux femmes. Pourtant, derrière cette réussite financière se cache un drame familial retentissant : l’assassinat de son mari Jacques Perrot en 1985 et la condamnation ultérieure de sa mère, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, pour complicité de meurtre. Ce récit examine comment Darie a bâti son patrimoine, survécu au scandale et reconstruit sa vie après la tragédie.
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Une fortune bâtie sur des victoires hippiques historiques
La fortune de Darie Boutboul, chiffrée à 66 millions d’euros, puise ses racines dans une carrière hippique hors du commun. Le 1er avril 1984, à l’hippodrome de Longchamp, elle entre dans la légende en montant Abdonski jusqu’à la victoire dans le Prix de la Plaisance. Ce jour-là, elle devient la première femme française titulaire d’une licence de jockey amateur à remporter un tiercé, un exploit qui fait la une des journaux nationaux.
Son ascension n’a rien d’un conte de fées. Dans un univers dominé par les hommes, Darie affronte les préjugés avec une détermination farouche. Dès son plus jeune âge, elle montre une passion dévorante pour l’équitation et les animaux. Son entraînement rigoureux, sa volonté et son talent naturel lui permettent de décrocher sa licence. Sa mère lui offre Abdonski, un cheval de qualité qui deviendra son compagnon vers la gloire.
Cette victoire historique ouvre les portes d’une notoriété soudaine et d’opportunités lucratives. Les apparitions publiques se multiplient, les contrats affluent. Cette réussite hippique constitue le socle de sa stabilité financière, même lorsque les scandales viendront obscurcir son parcours. Son talent et sa ténacité ont transformé sa passion en richesse durable.
Des médias à la musique, diversification des sources de revenus
Au-delà des courses hippiques, Darie Boutboul diversifie intelligemment ses sources de revenus. En 1984, l’année même de son exploit à Longchamp, elle rejoint l’émission radiophonique culte Les Grosses Têtes sur RTL, alors animée par Philippe Bouvard. Son charme, son intelligence et son humour séduisent rapidement les auditeurs. Elle y participe jusqu’en 1985, puis revient entre 1995 et 2001.
En 2022, elle effectue un retour remarqué dans l’émission désormais présentée par Laurent Ruquier. Le 4 avril 2022, elle apparaît comme mystérieuse invitée lors de l’émission spéciale du 45ème anniversaire, avant d’intégrer l’équipe régulière. Elle côtoie alors des personnalités comme Christophe Beaugrand, Yoann Riou ou Paul El Kharrat. Le 29 juin 2022, elle livre une anecdote amusante sur ce dernier, atteint du syndrome d’Asperger.
En 1985, Darie s’aventure dans l’industrie musicale avec le single Guerrière, écrit par Jean-Marie Moreau et composé par François Feldman. Le disque vinyle 45 tours inclut La Petite Rumeur en face B. Dominique Verdeilhan la reçoit sur Antenne 2 et prophétise un tube de l’été. Malheureusement, l’album prévu pour 1986 sous le label Vogue Music ne verra jamais le jour, victime des problèmes judiciaires familiaux.
Le drame du 27 décembre 1985 qui a tout changé
Le 27 décembre 1985, à 20h20, trois coups de feu résonnent dans la cage d’escalier du 29 avenue Georges-Mandel à Paris. Jacques Perrot, brillant avocat de 36 ans, ancien secrétaire de la conférence du stage du barreau de Paris et ami intime de Laurent Fabius, s’effondre, touché à l’œil, à la tempe et à la poitrine par des balles de calibre 22 Long Rifle.
Ce soir-là, Jacques devait rencontrer Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, sa belle-mère, pour discuter du divorce et de la garde de leur fils Adrien, né en novembre 1982. À 20h10, elle annule prétextant un infarctus de son frère. Jacques appelle alors un ami pour le retrouver au Ballon des Ternes. Il n’y arrivera jamais. Le couple traversait une séparation douloureuse depuis l’automne 1985, se déchirant autour de la garde de leur enfant de trois ans.
Le meurtre ne ressemble pas à un vol : le portefeuille de Jacques reste intact, mais son pneu a été crevé et sa moto neutralisée. L’assassin a voulu éliminer toute chance de fuite, exécutant son geste avec une précision glaçante. Cet assassinat choque la France entière et déclenche une enquête complexe.
Les révélations qui ont mené au procès de sa mère
La Brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres hérite d’un véritable casse-tête. Rapidement, les soupçons convergent vers Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, d’abord parce qu’elle a menti sur l’infarctus de son frère, qu’elle n’a jamais eu. Le soir du crime, elle dînait avec Darie chez un avocat sulfureux, Maître Pierre Delphy, un rendez-vous inscrit depuis quinze jours.
Avant sa mort, Jacques enquêtait sur sa belle-famille dans son combat pour la garde de son fils. Il découvre que Robert Boutboul, père de Darie, est vivant alors que l’acte de mariage mentionnait son décès. Le 5 janvier 1986, une scène surréaliste se déroule au 20 heures d’Antenne 2 : de fausses retrouvailles filmées entre Darie et son père. Marie-Élisabeth, derrière ses lunettes fumées, prononce des paroles énigmatiques sur un dossier explosif.
Jacques découvre également que sa belle-mère, qui se prétendait avocate internationale, a été radiée du barreau en 1981 pour une escroquerie monumentale aux Missions étrangères de Paris. Les enquêteurs remontent jusqu’à une banque suisse où dort un magot de 10 millions de francs, soit 2,6 millions d’euros. Jacques détenait un dossier béton mais exprimait ses craintes, confiant au bâtonnier avoir mis les pieds dans une affaire dangereuse.
| Suspect | Rôle présumé | Destin | Preuves |
|---|---|---|---|
| Marie-Élisabeth Cons-Boutboul | Commanditaire | Condamnée en 1994, décédée en 2021 | Versements bancaires, écoutes téléphoniques |
| Bruno Dassac | Intermédiaire ou tueur | Retrouvé mort au Havre en mai 1988 | Réception de 140 000 francs |
Bruno Dassac, petit représentant en lingerie frayant avec le milieu barbouzard, reçoit 140 000 francs depuis le compte suisse de Cons-Boutboul après le meurtre. En mai 1988, on le repêche dans le port du Havre, une balle de calibre 357 Magnum dans la nuque.
La condamnation de 1994 et ses conséquences
En 1994, à 70 ans, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul comparaît devant la cour d’assises de Paris. Son procès s’ouvre le 2 mars 1994 après neuf années d’enquête acharnée. Elle est condamnée à 15 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat, sans preuve matérielle directe, sur la base de l’intime conviction des jurés face à un faisceau d’éléments concordants.
Durant toute la procédure, Marie-Élisabeth nie son implication, multipliant les mensonges et les affabulations. Darie témoigne à la barre lors du procès de sa mère, un moment émotionnellement déchirant. L’ex-juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui boucle l’enquête, se souvient d’une femme simulant des crises cardiaques lors des auditions.
Marie-Élisabeth livre des versions rocambolesques, évoquant des secrets d’État mêlant la Françafrique et le Vatican. Elle prétend que Jacques aurait découvert des informations explosives justifiant son élimination. Le 28 décembre 1998, après neuf ans de détention à Fleury-Merogis, elle est libérée à 74 ans. Elle s’installe en Seine-et-Marne avec sa fille. En 2001, elle publie un livre sur sa détention avec le journaliste Dominique Rizet. Elle décède en 2021 à 96 ans, emportant ses secrets. L’assassin et l’arme du crime demeurent introuvables.
Impact du scandale sur sa carrière et sa stabilité financière
Cette tragédie bouleverse la vie professionnelle de Darie Boutboul. L’album musical prévu pour 1986 est annulé à cause des problèmes judiciaires qui entourent sa famille. Une carrière prometteuse dans la musique s’évanouit brutalement, victime collatérale d’un drame familial.
Malgré une pression médiatique intense et un choc national, Darie fait preuve d’une résilience remarquable. Elle protège son fils Adrien, alors âgé de trois ans, et s’efforce d’avancer malgré les zones d’ombre. Sa détermination lui permet de maintenir sa stabilité financière et sa présence dans le monde du divertissement français.
- Maintien de ses revenus issus des droits d’auteur et des apparitions médiatiques
- Conservation de son statut de personnalité influente malgré le scandale
- Capacité à revenir sur le devant de la scène lors de son retour aux Grosses Têtes
Son retour radiophonique en 2022 rappelle au public son parcours unique, tissé de succès éclatants et d’épreuves déchirantes. Elle conserve une fortune estimée à 66 millions d’euros, témoignage de sa capacité à surmonter l’adversité.
Son fils Adrien, entre héritage et reconstruction
Adrien Perrot, né en novembre 1982, a aujourd’hui 42 ans et exerce la profession d’avocat. Il avait trois ans lorsque son père a été assassiné. Il grandit dans un environnement mêlé de douleur et de résilience, élevé par une mère courageuse qui lui transmet l’importance de la loyauté et du travail.
Contacté sur l’affaire, Adrien décline toute déclaration, préférant garder le silence sur un sujet si douloureux. Après des études secondaires réussies en région parisienne, il s’oriente vers des formations de haut niveau en gestion et droit des affaires. Il entre dans le conseil en gestion et occupe le poste de directeur des opérations dans une grande société de conseil.
Fier de ses racines, Adrien s’engage à valoriser les exploits hippiques de Darie et à entretenir le prestige de la maison Boutboul-Perrot. Il développe des partenariats dans le monde équestre et cofonde une bourse destinée à accompagner de jeunes talents issus de milieux modestes.
- Vie discrète partagée entre Paris et la Normandie
- Passion pour l’équitation et participation à des concours amateurs
- Proximité étroite avec sa mère autour de projets communs
Le duo mère-fils travaille notamment sur une nouvelle édition de l’autobiographie de Darie, La Casaque de la Chance, initialement parue en 1985. Cette collaboration témoigne d’une relation fusionnelle forgée dans l’adversité.
Vie actuelle et mystère persistant autour de l’affaire
Aujourd’hui âgée de 66 ans, Darie Boutboul vit dans la région d’Orléans, proche de ses racines, où elle tient une maison d’hôte. Elle partage ses activités entre Paris et la Normandie, entretenant des liens étroits avec le monde équestre qui l’a révélée.
Sollicitée pour s’exprimer sur l’affaire, elle décline poliment, confiant avoir trop souffert. Malgré les pertes personnelles et les scandales publics qui ont jalonné son existence, Darie maintient sa place en tant que personnalité riche et influente en France. Sa résilience force l’admiration.
Trente ans après les faits, le mystère demeure entier. L’assassin n’a jamais été identifié, l’arme du crime jamais retrouvée. Le mobile et le commanditaire n’ont pas été clairement établis. En décembre 2014, Carole Perrot, sœur de Jacques, intervient dans l’émission L’Heure du crime sur RTL. Elle estime que le divorce n’était peut-être pas le seul mobile, suggérant que Jacques avait découvert des informations compromettantes justifiant son élimination.
L’ex-juge Bertella-Geffroy ne doute d’un autre côté pas de l’implication de Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, citant les prélèvements bancaires, les écoutes téléphoniques et le faisceau d’éléments justifiant l’intime conviction du jury. Entre réussite financière et tragédie familiale, le destin de Darie Boutboul reste emblématique d’une femme qui a brisé les barrières, survécu au drame et reconstruit sa vie avec une force exceptionnelle.

Passionné de numismatique.