Meyer Habib : fortune et parcours du député français controversé

Meyer Habib incarne une figure atypique de la vie politique française. Né à Paris en 1961 dans une famille juive d’origine tunisienne, ce député des Français de l’étranger a siégé à l’Assemblée nationale de 2013 à 2024, représentant une circonscription couvrant huit pays dont Israël. Sa double nationalité franco-israélienne et sa proximité exceptionnelle avec Benyamin Netanyahou ont fait de lui un acteur singulier des relations franco-israéliennes, parfois plus proche du gouvernement israélien que des positions diplomatiques françaises. Sa fortune, estimée à environ 22 millions de dollars en 2025, provient de ses activités dans le secteur du diamant et de la joaillerie, ainsi que de sa carrière politique. Son parcours suscite néanmoins de vives controverses : irrégularités électorales ayant conduit à l’annulation de son élection en 2022, sociétés non déclarées en Israël, positions radicales sur le conflit israélo-palestinien, et enquête pour détournement de fonds publics. Entre engagement pour la communauté juive, soutien indéfectible au Likoud et accusations multiples, le parcours de Meyer Habib questionne les frontières entre mandats français et influence diplomatique étrangère, entre transparence financière et zones d’ombre patrimoniales.

Une fortune bâtie entre affaires et politique

La fortune de Meyer Habib est estimée à environ 22 millions de dollars en 2025. Cette richesse substantielle trouve ses origines dans plusieurs sources complémentaires qui témoignent d’un parcours professionnel diversifié. Ingénieur de formation, il a construit sa carrière dans le secteur du luxe, particulièrement dans l’univers du diamant et de la joaillerie parisienne. Directeur général de Vendôme S.A, une société spécialisée dans ces activités prestigieuses, il a maintenu ses fonctions professionnelles parallèlement à ses mandats politiques, comme l’attestent ses déclarations à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Son parcours inclut également une expérience comme directeur adjoint d’une entreprise d’horlogerie, renforçant son ancrage dans l’univers des produits de luxe français.

Pourtant, certains épisodes ont jeté une ombre sur ses activités professionnelles. En 2014, selon les révélations du magazine Le Point, Meyer Habib aurait tenté de faire transporter par les policiers chargés de sa protection près de 20 000 euros de diamants dans le cadre de son activité d’entrepreneur. Les forces de l’ordre ont exercé leur droit de retrait, estimant que le transport de fonds privés ne relevait aucunement de leur mission de protection. Face à cette polémique, le député a répliqué qu’il s’agissait de produits factices, une explication qui n’a pas totalement dissipé les interrogations sur les pratiques professionnelles du parlementaire.

L’opacité entourant certains aspects de son patrimoine s’est considérablement accrue avec les révélations concernant des participations non déclarées dans des sociétés de droit israélien. À la lecture de documents officiels israéliens, Meyer Habib apparaît comme actionnaire de trois structures qu’il n’a jamais mentionnées malgré ses obligations légales de transparence. Ces sociétés soulèvent de sérieuses questions sur le respect des règles de déclaration imposées aux élus français :

  • Raananel Ltd, société d’investissement immobilier enregistrée le 14 juillet 2005, où il détient 7% des parts en qualité de citoyen français
  • Hamishpaha Haviva devenue Mishpahat Liliane, enregistrée le 24 novembre 2014, où il a été actionnaire à 80% jusqu’au 18 mai 2021 comme citoyen israélien, cette société détenant elle-même 3,33% dans la société immobilière Ariel Projet Geula 14-18 LTD
  • Track Performance, créée le 7 novembre 2005 et mise en sommeil, où il détient 25% en qualité de citoyen français

L’affaire Track Performance mérite une attention particulière. Cette société a été co-fondée avec Arnaud Mimran, qui sera ultérieurement condamné dans le cadre de la retentissante escroquerie à la taxe carbone. Parmi les autres associés figure un spécialiste de l’optimisation fiscale installé au Luxembourg et cité dans les Panama Papers, ces documents révélant des montages financiers opaques à l’échelle internationale. Mediapart avait déjà révélé l’existence de Track Performance en 2016. Avant ses démêlés judiciaires, Meyer Habib avait présenté son vieil ami Arnaud Mimran à Benyamin Netanyahou, et Mimran avait même pris en charge un séjour de la famille Netanyahou en France en 1999, illustrant les liens étroits entre ces différents protagonistes et questionnant les origines de certains financements.