Stéphane Delajoux, neurochirurgien français né le 12 décembre 1966 à La Celle-Saint-Cloud, s’est forgé une réputation sulfureuse dans le milieu médical. Surnommé le « médecin des stars », ce praticien a bâti sa notoriété sur la prise en charge de personnalités célèbres du showbiz. Son parcours professionnel, marqué par des interventions médiatisées, contraste avec une accumulation de condamnations judiciaires. La fortune de Stéphane Delajoux interroge aujourd’hui autant que ses pratiques controversées. Entre succès médiatiques et scandales à répétition, ce chirurgien incarne un parcours atypique où se mêlent gloire éphémère et dérives répétées.
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Le parcours du « chirurgien des stars » auprès des célébrités
Diplômé de la faculté de médecine Necker-Enfants malades en octobre 1995, Stéphane Delajoux obtient sa spécialisation en neurochirurgie deux ans plus tard, en 1997. Il n’a pourtant jamais validé son titre de chef de clinique à l’Assistance publique de Paris. Sa carrière prend un tournant médiatique lorsqu’il devient le chirurgien privilégié de plusieurs vedettes françaises.
En 2003, Jean-Louis Trintignant fait appel à lui pour sauver sa fille Marie Trintignant, hospitalisée à Vilnius après l’agression de Bertrand Cantat. Malgré une tentative de décompression cérébrale, l’intervention échoue tragiquement. Quatre ans plus tard, il opère avec succès Charlotte Gainsbourg pour une hémorragie cérébrale. Ces opérations prestigieuses renforcent son image de praticien des célébrités.
- Formation à Necker-Enfants malades avec diplôme obtenu en 1995
- Spécialisation en neurochirurgie validée en 1997
- Intervention d’urgence auprès de Marie Trintignant en 2003
- Opération réussie de Charlotte Gainsbourg en 2007
Attiré par les sunlights et l’univers du showbiz, Delajoux cultive cette réputation de médecin des vedettes qui lui sert longtemps de faire-valoir professionnel. Son train de vie de play-boy tranche avec celui des mandarins traditionnels.
Fortune estimée et revenus du neurochirurgien
En 2025, la fortune de Stéphane Delajoux atteint environ 720 000 dollars selon les estimations disponibles. Cette accumulation patrimoniale provient essentiellement de sa carrière de neurochirurgien et des honoraires générés par sa clientèle fortunée. Sa réputation auprès des stars lui a permis de développer une activité lucrative.
Le statut de « chirurgien des stars » offre des avantages financiers substantiels grâce à une patientèle prestigieuse capable de payer des honoraires élevés. Son image médiatique a longtemps constitué un atout commercial indéniable. En revanche, son train de vie somptueux contraste avec les controverses qui jalonnent son parcours.
- Revenus issus de consultations privées auprès de patients fortunés
- Honoraires majorés liés à sa réputation médiatique
- Investissements immobiliers notamment au Kenya
- Projets commerciaux dans le secteur de la santé en ligne
Malgré cette fortune apparente, son parcours financier révèle des zones d’ombre avec des projets commerciaux contestés. Les multiples condamnations judiciaires ont également impacté ses revenus, l’obligeant à verser des dommages et intérêts conséquents à plusieurs victimes d’erreurs médicales.
L’affaire de fraude à l’assurance et la simulation de tétraplégie
En 1997, lors d’une sortie en hors-piste non assurée à Val-d’Isère, Stéphane Delajoux chute de quatre mètres dans un ravin. L’accident provoque un éclatement de la cage thoracique et une fracture de la colonne vertébrale avec risque de paraplégie. Secouru par hélicoptère, il subit une intervention d’urgence dans les hôpitaux lyonnais.
Face au refus de son assurance de prendre en charge les frais médicaux, le contrat excluant le hors-piste, il orchestre une première fraude. Avec un complice, il simule un faux accident à Paris, prétendant avoir été percuté sur pistes balisées. L’assurance, trompée, verse l’indemnisation réclamée.
- Chute de quatre mètres lors d’une sortie hors-piste non couverte
- Lésions graves nécessitant une évacuation héliportée d’urgence
- Refus initial de l’assurance provoquant la fraude
- Organisation d’un faux témoignage avec complice
En 1998, il franchit un nouveau cap dans la manipulation. Avec un autre complice, il simule un accident de voiture et se présente en fauteuil roulant lors de l’expertise médicale. Utilisant ses connaissances en neurochirurgie, il imite parfaitement une tétraplégie complète. Son objectif : obtenir une indemnisation massive dépassant le million d’euros correspondant aux préjudices d’une paralysie totale. Les investigations approfondies des assurances, incluant détectives privés et expertises contradictoires, finissent par démasquer la supercherie.
Condamnation pour escroquerie et sanctions judiciaires
Le 19 mars 2002, le tribunal correctionnel condamne Stéphane Delajoux à trois ans de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende pour « faux » et « escroquerie ». Cette sanction pénale s’accompagne d’une inscription au casier judiciaire qui entache durablement son parcours.
Le Conseil de l’Ordre des médecins prononce également des sanctions ordinales sévères : interdiction d’exercer pendant trois ans, dont trente mois avec sursis, assortie d’une radiation temporaire. Selon Me Olivier Metzner, avocat du Conseil, le praticien n’a jamais respecté cette suspension, le plaçant en délicatesse permanente avec ses pairs.
- Condamnation à trois ans de prison avec sursis en mars 2002
- Amende de 40 000 euros pour fraude à l’assurance
- Interdiction d’exercer la médecine pendant trois ans
- Radiation temporaire de l’Ordre des médecins
- Inscription définitive au casier judiciaire
Le 15 octobre 2003, une nouvelle condamnation à trois mois de prison avec sursis pour fraude fiscale vient alourdir son passif judiciaire. Il ne fait pas appel, acceptant implicitement ce jugement du tribunal correctionnel de Paris. Ces condamnations marquent le début d’une longue série de démêlés avec la justice française.
Les multiples condamnations pour fautes médicales
Le dossier judiciaire de Stéphane Delajoux s’alourdit considérablement avec plus de trente dossiers en responsabilité médicale à la première chambre civile du TGI de Paris. Une dizaine de condamnations soulignent des erreurs répétées et des négligences graves dans sa pratique chirurgicale.
En novembre 2004, il verse plus de 300 000 euros à une ancienne patiente, devenue « souffrante et gravement diminuée » après une opération de sciatique réalisée en 1998. En janvier 2006, 40 000 euros de dommages sanctionnent une faute dans le suivi postopératoire d’une femme opérée d’une hernie discale en 1999.
- Novembre 2004 : indemnisation de 300 000 euros pour lésions graves
- Janvier 2006 : 40 000 euros pour défaut de suivi postopératoire
- Septembre 2006 : 50 000 euros pour intervention non appropriée
- 2012 et 2013 : erreurs de vertèbres lors d’interventions
Septembre 2006 voit une nouvelle condamnation à environ 50 000 euros pour une intervention chirurgicale non appropriée sur une lombalgie en 2000. Les années 2012 et 2013 révèlent des erreurs encore plus préoccupantes : il se trompe de vertèbres lors de plusieurs interventions. Le praticien ne conteste aucun de ces jugements, désormais définitifs, illustrant un pattern d’erreurs récurrentes.
L’affaire Rachid et les quatre opérations controversées
En décembre 2022, la condamnation la plus récente oblige Stéphane Delajoux à verser 115 000 euros à Rachid, ancien coursier désormais reconnu travailleur handicapé. Le tribunal estime que le neurochirurgien n’a pas donné des soins consciencieux et conformes aux données acquises de la science.
Entre mars et mai 2017, Rachid subit quatre opérations pour traiter une hernie discale. Le 15 mars, lors de la première consultation, le chirurgien propose d’opérer deux jours plus tard. Le 17 mars, première intervention avec ablation totale supposée de la hernie. Au réveil, la douleur devient intenable.
- Première opération le 17 mars avec ablation totale prétendue
- Complications immédiates avec fièvre et perte de sensibilité
- Hématome post-opératoire minimisé par le praticien
- Absence de visite médicale pendant dix jours consécutifs
Renvoyé chez lui le lendemain, le patient y reste quelques heures avant que la fièvre ne monte. L’IRM révèle un hématome post-opératoire, mais Delajoux affirme qu’il s’agit de colle biologique. Ses confrères insistent pour une reprise chirurgicale, notant un doute sur le positionnement de la prothèse. Pendant dix jours, aucune visite du praticien, qui se contente d’un simple coup de téléphone. Le 29 mars, douze jours après, il réopère Rachid. Une expertise souligne qu’une reprise chirurgicale s’imposait dès le 22 mars.
L’utilisation de prothèses déconseillées par les autorités sanitaires
Lors des quatre opérations successives de Rachid, Stéphane Delajoux pose systématiquement des prothèses discales. Le rapport d’expertise judiciaire relève une anomalie majeure concernant ces dispositifs médicaux. Selon les recommandations 2013 de la Haute Autorité de santé, ces prothèses valident « l’absence de service rendu ».
Ces dispositifs ne sont pas interdits mais fortement déconseillés par les autorités sanitaires. Le praticien défend sa décision, affirmant que ces prothèses étaient parfaitement adaptées au cas de son patient. Pourtant, il ne sollicite jamais de contre-expertise selon les juges, fragilisant sa position.
- Quatre prothèses posées lors d’interventions successives
- Dispositifs déconseillés par la HAS depuis 2013
- Absence de justification médicale solide
- Refus de demander une contre-expertise
L’expert mandaté note qu’il convient « de ne pas sous-estimer le retentissement général induit par ces poses de prothèses inutiles ». À l’automne 2017, un autre chirurgien réopère Rachid sans poser de prothèse. Cette fois, l’état du patient s’améliore significativement, même s’il reste diminué et ne peut reprendre son activité professionnelle.
Décision controversée du Conseil de l’Ordre des médecins
Avec son avocate Me Anne-Claire Lejeune, Rachid porte plainte devant le Conseil de l’Ordre des médecins. La branche parisienne de l’organisme s’associe à cette démarche, soulignant la gravité des faits reprochés. Pourtant, la chambre disciplinaire d’Île-de-France rend un avis surprenant.
L’instance ordinale estime qu’il n’y a pas eu de fautes déontologiques, se cantonnant à son domaine de compétence sans se prononcer sur les aspects techniques. Selon les juges, « aucun défaut de suivi ne peut lui être reproché » concernant l’information et le suivi du patient, jugés conformes à l’éthique médicale.
- Plainte déposée par Rachid et son avocate
- Soutien de la branche parisienne de l’Ordre
- Décision ordinale favorable au praticien
- Appel interjeté avec soutien institutionnel
Cette décision contraste fortement avec la condamnation judiciaire pour maladresse chirurgicale prononcée par les tribunaux civils. Rachid fait appel, toujours soutenu par la branche parisienne de l’Ordre des médecins. Cette affaire illustre les divergences possibles entre juridictions civiles et ordinales dans l’appréciation des responsabilités médicales.

Passionné de numismatique.