Fortune de Bill Gates : le milliardaire va donner l'essentiel à sa fondation
Le cofondateur de Microsoft occupe depuis des décennies une place emblématique parmi les entrepreneurs technologiques mondiaux. En 2025, sa richesse oscille entre 106 et 160 milliards de dollars selon les sources consultées. Cette variation reflète la complexité d'évaluer un patrimoine aussi diversifié. Le 8 mai 2025 marque un tournant historique avec son annonce de léguer l'essentiel de sa fortune à son organisation philanthropique. Cette décision intervient après sa sortie du top 10 des plus riches en octobre 2024, événement inédit depuis les années 1990. Son parcours illustre une transformation radicale de la conception même de la richesse extrême. L'article visite son engagement humanitaire sans précédent, l'évolution de son patrimoine et le contexte concurrentiel qui façonne désormais le classement mondial.
L'engagement philanthropique massif qui transforme sa fortune
Le 8 mai 2025 restera gravé comme une date charnière dans l'histoire de la philanthropie moderne. Bill Gates a officiellement déclaré son intention de transférer l'essentiel de son patrimoine restant vers la Gates Foundation. Son objectif fixé dépasse toute initiative humanitaire privée connue : dépenser plus de 200 milliards de dollars avant 2045, année marquant la fermeture définitive de l'organisation. Dans sa lettre ouverte publiée sur le site officiel, il exprime sa conviction profonde qu'une période de vingt ans permet d'accomplir des transformations considérables pour améliorer les conditions d'existence à l'échelle planétaire.
Trois priorités structurent cette ambition philanthropique jusqu'en 2045. Tout d'abord, réduire drastiquement la mortalité infantile dans les régions les plus vulnérables. Deuxièmement, intensifier la lutte contre les maladies infectieuses telles que la polio, la dracunculose, la rougeole et le paludisme. Troisièmement, développer des initiatives éducatives permettant l'accès universel au savoir et aux compétences. Cette vision s'ancre dans un principe fondamental : le lieu de naissance ne devrait jamais déterminer les opportunités offertes à chacun.
- Plus de 59 milliards de dollars versés selon Forbes depuis vingt ans
- Environ 100 milliards donnés au total selon ses propres estimations
- 60 milliards spécifiquement alloués à la fondation caritative
- 53,8 milliards dépensés depuis la création en 2000
Les chiffres témoignent d'un engagement déjà considérable. Fin 2024, les avoirs nets de la Gates Foundation atteignaient 71,3 milliards de dollars. Pour l'exercice 2025, un budget opérationnel de 8,7 milliards a été défini. Ces ressources financent des partenariats stratégiques avec l'Organisation mondiale de la santé, le groupement de lutte contre la poliomyélite et l'Alliance du vaccin. Les campagnes de vaccination représentent une part substantielle des interventions sur le terrain.
Le Giving Pledge matérialise cette philosophie du don. Initié avec Warren Buffett et son ex-épouse, ce serment engage plus de 240 signataires à léguer la majorité de leur patrimoine. Dans son billet de 2022 intitulé The future our grandchildren deserve, il confie avoir pris conscience à l'approche de la naissance de son premier petit-fils qu'être parmi les plus riches du monde n'a de sens que si cette richesse sert à améliorer concrètement l'existence des autres. Il affirme explicitement ne pas se préoccuper de son rang dans les classements des fortunes et accepter d'en sortir complètement.
- Phoebe, 22 ans, recevra une somme généreuse mais limitée
- Rory, 25 ans, bénéficiera d'un héritage proportionnellement modeste
- Jennifer, 28 ans, obtiendra moins de 1% du patrimoine total
Sa décision concernant ses trois enfants reflète cette cohérence. Moins de 1% de sa fortune leur sera légué. Lors d'une interview dans l'émission Sept à huit sur TF1, il justifie ce choix par l'éducation reçue de sa mère : celui à qui il a été beaucoup donné doit beaucoup rendre. Cette conception de la transmission patrimoniale rompt avec les pratiques dynastiques traditionnelles.
Une fortune en recul malgré les 106 à 160 milliards de dollars
Les estimations de sa richesse en 2025 varient significativement selon les méthodologies employées. Forbes évalue son patrimoine à 106,2 milliards de dollars en mars 2025. D'autres sources avancent des chiffres entre 112 et 113 milliards. Bloomberg propose l'évaluation la plus élevée avec 160 milliards. Ces écarts s'expliquent par la diversité des actifs et investissements difficiles à valoriser précisément.
Son classement mondial fluctue considérablement. Forbes le positionne à la 13e place en mai 2025, après l'avoir placé 11e en mars et 12e en octobre 2024. Entre octobre 2024 et mai 2025, son patrimoine a diminué de 12 milliards. Certaines analyses révèlent une chute encore plus spectaculaire : une perte de 40,8 milliards de dollars en 2025 selon certaines sources, ramenant sa fortune à 118 milliards et le reléguant au 16e rang global.
- Octobre 2024 : sortie historique du top 10 après trois décennies
- Classement à la 12e place mondiale et 9e aux États-Unis
- Fortune estimée à 107 milliards lors de cette bascule
Octobre 2024 marque un tournant symbolique. Pour la première fois depuis les années 1990, le fondateur de Microsoft quitte le cercle des dix hommes les plus riches. Cette sortie résonne particulièrement pour celui qui a longtemps dominé ou occupé la seconde position du classement planétaire. Elle illustre la réalité arithmétique de son engagement philanthropique massif et soutenu.
Deux facteurs majeurs expliquent cette érosion patrimoniale. Les dons philanthropiques constituent la cause principale avec plus de 100 milliards transférés vers des causes humanitaires. Le divorce avec Melinda French Gates en 2021, après vingt-sept ans de mariage, a également pesé lourdement. Les transferts d'actifs personnels ont récemment été révélés à hauteur de 12,5 milliards de dollars. Une séparation du contrôle sur leurs engagements philanthropiques communs a accompagné cette rupture. Melinda a quitté la structure en 2024, entraînant son changement de nom en Gates Foundation.
- Détention de 1,3% des actions lors de la démission du conseil en mars 2020
- Don d'actions pendant la pandémie de plusieurs milliards de dollars
- Participation actuelle tombée sous la barre symbolique de 1%
Sa participation réduite dans Microsoft explique aussi la progression plus lente de son patrimoine. Il ne détient désormais qu'environ 1% des parts de l'entreprise qu'il a cofondée. Lors de sa démission du conseil d'administration en mars 2020, il possédait encore 1,3%. Les cessions d'actions au profit de la fondation pendant la période pandémique ont fait basculer sa part sous le seuil de 1%. Contrairement à Elon Musk, Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg, sa fortune progresse moins rapidement car elle est moins indexée sur la performance boursière des géants technologiques.
Ses revenus actuels proviennent principalement de sa détention résiduelle dans Microsoft, lui générant potentiellement plus de 4 milliards annuels. Sa holding Cascade Investment complète ces ressources en gérant des actifs évalués à 70 milliards d'euros en 2021, diversifiés dans les secteurs des déchets, du transport ferroviaire et de l'hôtellerie. Il ne perçoit aucun salaire pour son rôle honorifique chez Microsoft.
Microsoft face à une concurrence technologique intensifiée
La performance relative de Microsoft en 2025 révèle un contraste frappant avec ses concurrents directs. En avril 2025, l'action de l'entreprise affichait une croissance modérée de 4%. Sur la même période, Meta bondissait de 21% porté par l'essor spectaculaire de ses projets d'intelligence artificielle générative. Sur l'ensemble de l'année 2025, le titre Microsoft progressait de 15%, une performance honorable mais insuffisante pour maintenir le rythme des leaders technologiques.
Cette différence de dynamique boursière pénalise mécaniquement la position du milliardaire dans les classements internationaux. Sa faible exposition directe aux marchés financiers, conséquence de sa stratégie de diversification et de dons massifs, accentue ce décalage. Pendant que les fortunes directement liées aux géants technologiques s'envolent, la sienne progresse selon une trajectoire plus modérée.
- 3028 milliardaires recensés en mai 2025, un record absolu
- Richesse cumulée atteignant 16,1 trillions de dollars
- Augmentation de près de 2 trillions en un an seulement
- Patrimoine des 500 premiers atteignant 11 900 milliards fin 2025
Le contexte de concurrence accrue au sommet transforme radicalement la hiérarchie des fortunes mondiales. Mai 2025 établit un nouveau record avec 3028 milliardaires identifiés à l'échelle planétaire. Leur richesse collective atteint 16,1 trillions de dollars, soit une hausse de près de 2 trillions en douze mois. Selon Bloomberg, le patrimoine cumulé des 500 premiers franchit la barre des 11 900 milliards fin 2025. Cette fortune collective a bondi de 2200 milliards sur l'année.
- Elon Musk domine avec 623 milliards après une hausse de 190 milliards
- Larry Page deuxième avec 270 milliards après une progression de 101 milliards
- Jeff Bezos troisième avec 255 milliards et une augmentation de 16,1 milliards
- Sergey Brin quatrième avec 251 milliards suite à une hausse de 92,5 milliards
- Larry Ellison cinquième avec 250 milliards après avoir gagné 57 milliards
Le nouveau classement des milliardaires illustre cette concentration explosive de richesse. Elon Musk pulvérise tous les records avec 623 milliards de dollars, devenant le premier homme à franchir le seuil symbolique de 400 milliards. Larry Page occupe la deuxième marche avec 270 milliards. Jeff Bezos complète le podium avec 255 milliards. Sergey Brin et Larry Ellison suivent respectivement avec 251 et 250 milliards. Mark Zuckerberg pointe à la sixième position avec 235 milliards. Bernard Arnault demeure le seul non-Américain du top 10 avec 206 milliards. Amancio Ortega réintègre cette élite avec 124 milliards tandis que Michael Dell fait son apparition.
Les personnalités du top 10 ont représenté plus d'un quart de l'augmentation totale avec une progression collective de près de 560 milliards d'euros. Cette concentration rappelle l'ampleur du décrochage relatif subit par celui qui dominait autrefois ces classements.
Son parcours historique mérite d'être rappelé pour contextualiser cette évolution. En 1975, il cofondait Microsoft avec Paul Allen, animé par l'ambition de démocratiser l'accès à l'informatique. Leur développement de l'Altair BASIC pour le micro-ordinateur Altair 8800 constitue leur premier succès majeur. L'accord signé avec IBM en 1980 pour fournir MS-DOS propulse l'entreprise au sommet de l'industrie. L'introduction en bourse de 1986 fait de lui le plus jeune milliardaire autodidacte de son époque. En 1995, il devient l'homme le plus riche du monde, un titre conservé durant de nombreuses années.
À 69 ans, il peut être considéré comme un riche retraité sans poste opérationnel chez Microsoft ou à la fondation. Son influence demeure pourtant considérable par son héritage technologique et son engagement philanthropique. Il y a dix ans, son patrimoine s'établissait à 79,2 milliards de dollars, soit substantiellement moins qu'aujourd'hui malgré les transferts massifs vers des causes humanitaires. Cette apparente contradiction témoigne de la puissance des mécanismes d'investissement et de capitalisation, même lorsqu'ils sont partiellement contrariés par une générosité exceptionnelle.
Journaliste pour France Initiative.