Comment ouvrir un food truck

Comment ouvrir un food truck ?

Le concept du « Food Truck », un fast-food ambulant né aux Etats-Unis, gagne de plus en plus sa place dans le marché de la gastronomie. Il permet de combiner la restauration nomade, rapide et la cuisine de qualité. Ce n’est donc pas un hasard si de nombreux entrepreneurs se lancent dans ce business en plein renouveau. Voici les étapes majeures pour ouvrir un food truck.

Quelles sont les démarches préliminaires ?

Avoir de l’argent pour débuter un business et foncer tête baissée ne suffisent pas. Cela reviendrait à sauter les yeux fermés, ce qui est dangereux. Il est nécessaire de passer par quelques étapes préliminaires pour partir sur de bonnes bases.

Comment ouvrir un food truck
Avant d’ouvrir un food truck, il faut procéder à une étude de marché.

Se poser les bonnes questions

Avant de se lancer dans un tel projet, plusieurs questions et réflexions doivent être posées et répondues. C’est également l’occasion de se fixer des objectifs précis en relation avec les attentes et les moyens de chacun. Durant cette étape, il faut être objectif et prendre du recul afin de mieux cerner le pour et le contre lié à la future activité.

Les premières questions concernent ce que l’on attend réellement sur ce projet. S’agit-il d’un aboutissement de toute une vie ou est-ce que, après avoir vu un food truck à un coin de rue, l’idée de se lancer dans ce projet a germé ?

S’agit-il d’un projet sur le long terme et comment sera-t-il développé ? Est-ce une passion ? Ensuite, il est nécessaire de se poser des questions sur soi-même et les aptitudes à gérer le food truck.

Il s’agit de savoir ce que l’on connaît réellement sur le monde du food truck ? Cette activité implique, en effet, de différentes responsabilités (achats de matières premières et ingrédients, préparation et cuisson des plats, entretien et réparation éventuelle du véhicule, nettoyage strict des lieux et de l’intérieur du véhicule…) ?

Quelles sont les capacités d’entrepreneur, de meneur d’hommes, l’aisance relationnelle ? Qu’en est-il de la capacité à travailler sous pression ?

Enfin, il y a l’impact que ce projet pourrait avoir sur la vie personnelle : il est très probable que le temps à consacrer à la famille s’amenuise, surtout durant les premiers mois où le manager se familiarise avec la gestion des tâches et du personnel.

Effectuer une étude du marché

Une fois que toutes ces interrogations auront été éclaircies, l’on a une meilleure visibilité sur la fiabilité et l’avenir du futur projet.

Il est temps de passer aux choses plus sérieuses en entamant une étude du marché. Pour cela, plusieurs possibilités sont envisageables. Il est tout à fait possible d’approcher directement des food truck déjà existants, les observer subtilement pendant un certain laps de temps et définir la fréquence de clients, les heures où ils sont le plus débordés et évaluer les zones où il est plus propice de s’installer.

Les plus audacieux peuvent directement approcher le propriétaire et lui poser quelques questions s’il a du temps libre. Cela permet d’avoir des fourchettes de prix et les menus les plus commandés.

Une autre alternative : aller à la rencontre du grand public et leur poser quelques questions pour avoir un aperçu sur leurs avis concernant les food truck. Effectuer des sondages permet d’apprécier l’engouement des futurs clients.

Quelles sont les démarches administratives à effectuer ?

Il faut également tenir compte des démarches administratives relatives à la création de l’entreprise.

Définir l’immatriculation de l’entreprise

Immatriculer une entreprise revient définir plusieurs points essentiels en rapport à l’activité, notamment la forme juridique de la société (Entreprise individuelle, SARL…) ou l’obtention d’une carte de commerçant ambulant surtout en cas d’utilisation du food truck hors de la localité où l’entreprise est domiciliée.

Comment ouvrir un food truck
Il faut procéder aux démarches administratives pour créer l’entreprise de food truck.

Les démarches administratives et les formulaires à remplir vont varier selon la forme choisie pour l’entreprise. Il est également à noter que la base de calcul des cotisations sociales dépend en grande partie de cette forme juridique. Diverses dispositions doivent alors être prises.

C’est également dans cette étape que la raison sociale de l’entreprise, c’est-à-dire son nom commercial, est défini. Il est recommandé de vérifier la disponibilité du nom choisi auprès de la base de l’INPI pour voir s’il n’est pas déjà pris par une autre société. Cela évite les confusions et les usurpations éventuelles.

Connaitre les règlementations autour de l’activité

Plusieurs règlementations sont à suivre autour de la nouvelle activité. Premièrement, il faut justifier des autorisations d’occupation des emplacements délivrées par les mairies des localités pour s’ installer de manière temporaire (Par exemple, à Lille lundi et le mardi, à Lyon le mercredi et le jeudi, et à Paris les 3 derniers jours). Une occupation non autorisée est passible de lourdes amendes.

Deuxièmement, pour ceux qui envisagent de vendre des boissons alcoolisées , la licence correspondante à chaque catégorie de boisson est obligatoire.

Troisièmement, le véhicule doit suivre plusieurs normes de sécurité en tant que véhicule circulant (assurance, contrôle technique…), mais doit également être soumis aux standards d’hygiène et de sécurité des restaurants.

Quatrièmement, l’activité doit être assurée afin d’exercer en toute sécurité.

D’autres règlementations sont encore à fournir selon les produits proposés et d’autres critères, mais les plus importantes qui ont été citées dans cet article.

Quelles sont les démarches concernant l’activité proprement dite ?

Il est maintenant temps de se tourner vers le vif du sujet et déterminer les étapes à suivre concernant l’activité proprement dite.

Définir un budget prévisionnel

Définir un budget s’avère important dans la mesure où cela donne un aperçu clair des dépenses à venir et les comparer aux économies en main pour effectuer les investissements.

La dépense la plus importante tourne autour de l’achat du véhicule. Il existe deux options : soit acheter un food truck ayant déjà servi, donc déjà équipé, soit acheter un véhicule neuf et l’aménager.

Si le budget est relativement limité, la première option est conseillée, puisque les coûts afférant aux travaux d’aménagement d’un food truck sont relativement élevés. Ne pas hésiter à comparer les prix pour trouver l’offre la plus intéressante.

Ensuite, il est judicieux d’inclure dans le budget prévisionnel toutes les dépenses à venir, notamment les divers achats en marchandises, ingrédients et matières premières, en fournitures et consommables, les matériels de cuisine, le carburant pour le véhicule ainsi que les frais relatifs à l’obtention des documents administratifs. En ce qui concerne le personnel, il faut prévoir leurs salaires et les cotisations sociales.

En contrepartie, les chiffres d’affaires prévisionnels doivent également être évalués. Les résultats de l’étude du marché permettent d’obtenir un chiffre approximatif. Sinon, il est possible de se baser sur les consommations liées à l’activité et faire le calcul des chiffres d’affaires en y ajoutant la marge commerciale prévue.

La fiscalité

La fiscalité est un point incontournable pour toute activité lucrative. Elle regroupe principalement l’imposition et la TVA applicable sur l’activité.

Comment ouvrir un food truck
Un food truck est une activité commerciale, donc soumise aux impôts.

Il n’existe pas de disposition particulière applicable aux activités de food truck, mais les modalités sont relativement classiques. Le régime d’imposition varie selon la forme juridique de l’entreprise.

Par exemple, en cas de création une société individuelle, l’IRPP concernant les bénéfices professionnels s’applique. Pour les formes juridiques SASU, SARL ou SAS, c’est l’IS qui est en vigueur.

Concernant la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), les dispositions relatives à une activité de food truck sont les suivantes : un taux de 10 % sur la vente de plats et desserts à consommer sur place ainsi que la vente de boissons non alcoolisées également à consommer sur place ; un taux de 5,5 % imposé à la vente des plats et desserts ainsi que des boissons non alcoolisées à emporter ; un taux normal de TVA imposé à la vente de boissons alcoolisées.

Le food truck : une option d’investissement sérieuse ?

Les food truck ne datent pas d’hier, mais les camions à pizza sont, par exemple, une forme présente depuis déjà des décennies.

Actuellement, le monde de la restauration a tendance à s’agglomérer en ville et dans les quartiers populaires. L’option de développer son business dans un matériel ambulant devient donc une option très sérieuse pour atteindre une nouvelle clientèle que les restaurants classiques ne pourront pas satisfaire.

Ainsi, lors des évènements saisonniers sur dans une région particulière, les food truckers ont la possibilité de s’y rendre et d’exercer leurs activités tout en profitant des festivités. Par exemple, ils peuvent se rendre dans les stations balnéaires durant les vacances d’été et aller à la montagne durant la saison de ski pour les vacanciers d’hiver.

La flexibilité de l’activité la rend particulièrement attrayante. Les food truckers ne sont plus « emprisonnés » par les murs d’un local, mais le monde s’ouvre à eux, ce qui contribue grandement à l’épanouissement personnel et professionnel.

Au-delà du fait de gagner de l’argent, travailler est un réel plaisir et cela est essentiel dans le milieu de la restauration.

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