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Chiffres des créations d'entreprises en 2025 : bilan et évolution

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Chiffres des créations d'entreprises en 2025 : bilan et évolution

Selon l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE), la France a franchi en 2025 un cap inédit dans son histoire entrepreneuriale : 1 165 800 créations d'entreprises ont été enregistrées sur l'année, soit 54 600 de plus qu'en 2024. Cette progression de 4,9 % succède à une hausse de 6 % l'année précédente, confirmant une dynamique sans précédent depuis 2012. Derrière ce record, deux réalités se dessinent : d'un côté, la domination absolue des micro-entrepreneurs, qui représentent près des deux tiers des immatriculations ; de l'autre, une dynamique sectorielle portée par le commerce et les services administratifs. L'article qui suit détaille ces chiffres et leur évolution.

Un record historique porté par les micro-entrepreneurs et les sociétés en 2025

Le chiffre parle de lui-même. Jamais la France n'avait enregistré autant d'immatriculations en une seule année. Et ce n'est pas le fruit du hasard — deux catégories tirent clairement la croissance vers le haut, pendant que les entreprises individuelles classiques reculent.

Micro-entrepreneurs et sociétés au sommet

Les micro-entrepreneurs atteignent 758 600 immatriculations en 2025, en hausse de 5,9 %, représentant 65,1 % du total — leur plus haut niveau historique. De leur côté, les sociétés culminent à 301 300 créations, en progression de 5,9 % également, dépassant le précédent record de 293 200 établi en 2022 et représentant 25,8 % du total. À l'inverse, les entreprises individuelles classiques reculent à 105 900 créations, soit une baisse de 4,1 %, leur niveau le plus faible depuis 2012. Le contraste est saisissant entre ces deux dynamiques opposées.

Historiquement, la trajectoire est éloquente. Partant de 567 300 créations en 2012, le nombre d'immatriculations a franchi le cap du million en 2021 avec 1 050 500 unités, puis atteint 1 111 200 en 2024 avant ce nouveau record en 2025. L'accélération la plus nette s'observe à partir de 2018, où le total bondissait à 749 300 contre 657 600 en 2017. Voir le tableau ci-dessous pour la série complète.

AnnéeCréations d'entreprises
2012567 300
2018749 300
2020900 200
20221 062 000
20241 111 200
20251 165 800

En août 2025, un seuil symbolique a été franchi : 102 961 entreprises créées en un seul mois, une première depuis l'an 2000. C'est une marque forte de la vitalité entrepreneuriale française, même si tout n'est pas rose sur le plan de l'activité réelle. Sur la période 2021-2023, environ 69,4 % des entreprises créées deviennent économiquement actives dans les deux ans. Les sociétés affichent le supérieur taux, à 87,4 %, devant les micro-entrepreneurs à 63,5 % et les entreprises individuelles classiques à 58,5 %. Ce dernier chiffre est d'ailleurs fortement tiré vers le bas par les vendeurs à domicile indépendants, dont seulement 24,2 % démarrent une activité réelle dans ce délai.

Pour les entrepreneurs qui souhaitent se préparer aux exigences de demain, cette page sur les compétences clés mérite une lecture attentive.

Homme en costume travaillant sur ordinateur portable en hauteur

Les secteurs du commerce et des services administratifs, principaux moteurs de la hausse

Derrière le record global, la répartition sectorielle révèle des dynamiques très contrastées. Deux secteurs dominent la progression — le commerce et les services administratifs. Ensemble, ils contribuent à plus de la moitié de l'augmentation totale des créations d'entreprises en 2025.

Le commerce, premier contributeur à la hausse

Avec 172 600 créations dans le secteur du commerce, soit une progression de 11,1 % par rapport à 2024, ce secteur concentre à lui seul près d'un tiers de la hausse globale. Les micro-entrepreneurs y progressent de 14 %, les sociétés de 6,7 %. La vente à distance sur catalogue spécialisé explose littéralement, avec une progression de 32 %, tandis que la vente à domicile gagne 11 %. Ce mouvement s'inscrit dans une tendance longue : la vente à domicile sur catalogue spécialisé est passée de 3 200 créations en 2017 à 30 800 en 2025, soit pratiquement dix fois plus en huit ans. L'e-commerce et la logistique associée remodelent profondément les professions du commerce de détail.

Le commerce automobile suit la même trajectoire ascendante, avec les ventes d'équipements en hausse de 32 %, les garages d'entretien à +15 % et les vendeurs automobiles à +8 %. Ces chiffres reflètent une demande soutenue dans un secteur souvent perçu comme mature.

  1. Vente à distance sur catalogue spécialisé — +32 % de créations en 2025
  2. Ventes d'équipements automobiles : +32 % de créations en 2025
  3. Services de nettoyage — +18 % de créations en 2025
  4. Soutien administratif : +19 % de créations en 2025

Services administratifs et transports : deux secteurs en plein essor

Les activités de services administratifs et de soutien atteignent 129 100 créations en 2025, en hausse de 11,7 % après 115 600 en 2024. Ce secteur a plus que doublé en cinq ans depuis 2020. Les micro-entrepreneurs y progressent de 13,6 %, les sociétés de 8,5 %. Le nettoyage, le soutien administratif et l'aménagement paysager affichent chacun une progression de 18 à 19 %.

Les transports et l'entreposage enregistrent pour leur part 112 800 créations, en hausse de 5,7 %, portés notamment par les activités de livraison de repas qui contribuent à hauteur de 5 points à la progression sectorielle. Attention toutefois : le taux de démarrage dans la livraison de repas reste très faible, avec seulement un tiers des entreprises immatriculées montrant un signe d'activité réelle dans les deux ans suivant leur création.

SecteurCréations 2025Évolution vs 2024
Commerce172 600+11,1 %
Services administratifs et soutien129 100+11,7 %
Transports et entreposage112 800+5,7 %
Information et communication75 000+8,2 %
Construction85 600-3,8 %

D'autres secteurs progressent également : l'information et la communication avec 75 000 créations (+8,2 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques avec 170 200 créations (+6,2 %), l'hébergement et la restauration avec 47 300 créations (+6,7 %), et l'enseignement avec 54 000 créations. À l'inverse, la construction recule à 85 600 créations (-3,8 %) et les activités financières et d'assurance chutent à 29 900 créations (-13,9 %), en partie pour des raisons de reclassification des codes d'activité.

Centre-ville animé avec professionnels, gratte-ciel et commerces

Ce que révèle le profil des créateurs et les perspectives pour 2026

Franchement, on ne peut pas parler du record de créations d'entreprises en 2025 sans évoquer ce qui se cache derrière les chiffres. L'âge moyen des créateurs d'entreprises individuelles reste stable à 35 ans. La part des moins de 30 ans s'établit à 40 % globalement, avec 41 % chez les micro-entrepreneurs contre 36 % pour les entreprises individuelles classiques. Dans certaines professions médicales et paramédicales, cette proportion monte à 60-80 %. À l'opposé, des secteurs comme l'hébergement touristique ou les métiers du bâtiment n'attirent que 8 à 21 % de jeunes entrepreneurs, en raison des investissements initiaux élevés.

La part des femmes parmi les créateurs d'entreprises individuelles se maintient à 44 %. Elles représentent 75 % des créations dans les autres services aux ménages, 74 % dans la santé et l'action sociale, et même 52 % dans l'industrie. Certains profils émergent aussi dans des niches inattendues — les professions du bien-être et de la santé alternative séduisent de plus en plus. Cette page sur la naturopathie illustre bien cet engouement croissant.

Selon Grégoire Leclercq, président de la Fédération nationale des autoentrepreneurs, l'auto-entrepreneuriat fonctionne comme une bouée de sauvetage pour ceux qui peinent à trouver un emploi stable. En 2025, 30 % des Français estiment que travailler à son compte est le choix de carrière le plus intéressant, contre 25 % en 2021. Un sur dix envisage de créer ou reprendre une entreprise, soit 2 points de plus qu'il y a quatre ans.

  • La réforme de l'Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (ACRE), prévue au 1er janvier 2026 par la Loi de financement de la Sécurité sociale, restreindra l'éligibilité à l'aide et réduira le taux d'exonération de cotisations sociales sur certains revenus.
  • Cette perspective a clairement alimenté une partie des créations du second semestre 2025, avec un bond de 10 % par rapport au S2-2024, beaucoup de porteurs de projet ayant anticipé ce changement de règles.

Pour 2026, la question centrale sera donc de savoir si cette dynamique résiste à la réforme de l'ACRE. Les créateurs qui s'appuient uniquement sur l'avantage fiscal risquent de freiner leurs projets. Ceux qui s'installent dans des secteurs porteurs — nettoyage, services administratifs, vente à distance — ont clairement de l'avenir. L'entrepreneuriat français n'a jamais été aussi actif, mais il devra composer avec un cadre réglementaire moins favorable dès le début de l'année prochaine.

Quiz : testez vos connaissances

Question 1/5

Combien de créations d'entreprises ont été enregistrées en France en 2025 selon l'INSEE ?

A. 1 111 200
B. 1 050 500
C. 1 165 800
D. 1 062 000

L'article indique clairement que 1 165 800 créations d'entreprises ont été enregistrées en 2025, soit 54 600 de plus qu'en 2024.

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