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Entreprendre au féminin : guide pour les femmes entrepreneures

K
Karine
14 min de lecture
Entreprendre au féminin : guide pour les femmes entrepreneures

En 2021, parmi les 611 000 entreprises immatriculées au registre du commerce et des sociétés analysées par Infogreffe, 32,3% étaient portées par des femmes. Un chiffre qui marque une progression réelle et continue. Si l'entrepreneuriat reste encore majoritairement masculin, les femmes sont de plus en plus multiples à franchir le pas, animées par des motivations profondes et une volonté farouche de transformer leur parcours professionnel. Ce guide visite leurs freins, leurs leviers, les dispositifs disponibles et les parcours qui inspirent.

Une envie d'entreprendre qui ne cesse de progresser

Selon le baromètre OpinionWay pour France Active et la FBF, 56% des femmes souhaitent donner du sens à leur vie professionnelle. 52% veulent concrétiser une idée personnelle. Et 24% envisagent concrètement la création d'entreprise, soit une progression de +3 points par rapport à 2025. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes.

Chez les moins de 35 ans, la motivation change de nature. 34% voient l'entrepreneuriat comme un moyen de sortir de situations précaires, révélant une diversité de profils bien réelle parmi les porteuses de projets. Franchement, l'aventure entrepreneuriale ne répond pas à un seul profil-type.

Cette dynamique s'est d'ailleurs maintenue pendant la crise sanitaire, comme le confirment les données stables de 2021. L'entrepreneuriat au féminin contribue chaque année davantage au développement économique et social, et cette résilience collective mérite d'être soulignée sans détour.

Les freins à l'entrepreneuriat féminin : mieux les comprendre pour mieux les dépasser

Une femme sur trois estime ne pas disposer d'un capital de départ suffisant. 27% redoutent des difficultés d'accès au financement. Une femme sur trois craint l'échec. Ce n'est pas une question de manque d'ambition — c'est un contexte structurel qui pèse lourd.

29% pointent la complexité des démarches administratives comme obstacle majeur. Dans un contexte économique incertain, 49% des femmes déclarent préférer le salariat, progression de +8 points. La peur de l'échec et les obstacles pratiques forment un cocktail décourageant, mais identifiable.

Connaître précisément ces freins, c'est déjà les affronter. Chacun de ces obstacles a une réponse concrète, et les alternatives adaptées existent. La solitude face au projet reste le frein invisible que trop de femmes sous-estiment au départ.

Des solutions concrètes pour passer à l'action

53% des femmes plébiscitent la simplification des démarches administratives, en hausse de +5 points. 49% demandent des dispositifs favorisant l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, également en progression de +4 points. Ces attentes ne sont pas anecdotiques.

La question de la répartition des tâches domestiques reste centrale : 49% des femmes la considèrent indispensable à résoudre, contre seulement 39% des hommes. Cet écart dit tout sur les inégalités persistantes qui pèsent sur l'entrepreneuriat féminin et sur l'égalité réelle dans le quotidien.

42% des femmes insistent sur la nécessité de programmes d'accompagnement, de mentorat et de formation. Pour qui souhaite agir concrètement, ces leviers structurels et individuels permettent de lever progressivement chaque obstacle et de concevoir un environnement favorable à la création.

Trois femmes discutent autour d'une table de travail dans un bureau moderne

Accéder au financement : les dispositifs pensés pour les femmes entrepreneures

France Active accompagne depuis plus de 15 ans les femmes dans l'accès à la création d'entreprise, avec le soutien du ministère à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Son dispositif phare, la Garantie EGALITE Femmes, constitue une garantie bancaire mobilisable pour des projets de création, reprise ou développement d'entreprise, destinée précisément à faciliter l'obtention de prêts bancaires.

Les prêts d'honneur — sans intérêt ni garantie personnelle — viennent compléter un prêt bancaire classique. Ils sont accessibles partout en France et constituent souvent le premier levier de financement pour les cheffes d'entreprise en démarrage. Pour ceux qui s'interrogent sur la gestion de leur patrimoine financier en parallèle, cette page peut apporter des éclairages utiles.

Le dispositif ACRE permet quant à lui une exonération totale ou partielle de cotisations sociales sous conditions. Ces trois outils combinés répondent directement aux 27% de femmes qui redoutent les difficultés de financement — il serait dommage de les ignorer. La Mirova Foundation soutient également l'entrepreneuriat féminin, affirmant que l'égalité d'accès constitue un levier essentiel de justice sociale.

Se faire accompagner : les réseaux et structures au service des femmes entrepreneures

Le réseau Les Premières propose des incubateurs dédiés aux projets innovants portés par des femmes ou des équipes mixtes, avec hébergement du projet et suivi personnalisé. Force Femmes cible spécifiquement les femmes de plus de 45 ans au chômage, en leur proposant validation de projet, formation et réalisation de business plan pour faciliter le retour à l'emploi ou la création d'activité.

Action'elles met en relation des créatrices avec des femmes chefs d'entreprise expérimentées, rompant ainsi la solitude souvent ressentie lors d'une première année d'activité. L'Agence pour l'Entrepreneuriat Féminin et son programme BoostElles® s'adressent aux femmes en reconversion professionnelle, cadres supérieures, indépendantes ou salariées. WILLA propose des formations et programmes dédiés à toutes celles qui innovent.

EFOI-Réunion développe quant à elle les compétences entrepreneuriales des femmes à La Réunion, preuve que ces dispositifs couvrent l'ensemble du territoire. L'accompagnement renforce durablement la pérennité des entreprises créées par des femmes.

Femme présentant devant collègues autour table bureau tropical

Puiser de la force dans un réseau de femmes engagées et solidaires

Ces réseaux offrent un espace de bienveillance et de solidarité où l'échange remplace le doute. Entreprendre au Féminin Charente-Maritime (EAF17) compte cinq antennes locales — à La Rochelle, Rochefort, Saintes, Royan et Marennes — rassemblant des femmes aux parcours variés — cheffes d'entreprise, conjointes collaboratrices, porteuses de projets. Des ateliers mensuels et des moments de convivialité rythment leur vie collective.

Entreprendre au Féminin Vienne, basée à Poitiers, regroupe des femmes de tous statuts professionnels et de tous horizons. Assemblées générales, ateliers-conférences, visites, événements bien-être : les rencontres régulières créent une vraie dynamique collective. Féminin Entreprendre, né en 2014 d'un basique café en Haute-Savoie, incarne parfaitement cet ADN fondé sur la proximité et l'ambiance décontractée.

S'engager dans ces réseaux, c'est accepter de partager ses compétences et son expérience, de représenter des valeurs communes, et d'avancer ensemble. La légitimité se construit aussi dans le collectif.

Trois parcours de femmes qui inspirent et donnent envie d'entreprendre

Pauline Katchavenda : le recyclage des menuiseries réinventé à grande échelle

Pauline Katchavenda, fondatrice de Recyfe, a bâti un modèle d'économie circulaire inclusif qui bouleverse le recyclage des menuiseries en France. Elle fédère 23 entreprises d'insertion, valorise plus de 90% des composants d'une fenêtre et réduit de plus de 60% les émissions de CO₂ par tonne de verre recyclée. Un impact environnemental concret, porté par une femme qui a su transformer une idée en réseau opérationnel.

Maud Simian : s'associer pour valoriser les terres et soutenir l'agriculture locale

Maud Simian fait partie d'une SCIC à Ance Féas dédiée à l'élevage et à la vente de porcs en circuits ultra-locaux. Cinq agriculteurs valorisent 600 hectares de terres abandonnées, avec moins de 10 cochons par hectare. Ils transforment 100 tonnes de viande par an, créent cinq emplois locaux et garantissent une proximité absolue : la viande naît et est transformée à moins de 15 minutes. Un bel exemple d'agriculture locale et de gouvernance coopérative.

Honorine Meunier : reprendre une boutique à 21 ans avec conviction

À 21 ans, Honorine Meunier a repris La fée des Fleurs à Secondigny en Nouvelle-Aquitaine. Elle mise sur les fleurs locales, de saison et sans pesticides, incarnant un entrepreneuriat ancré dans son territoire et guidé par des valeurs claires. Sa reprise d'entreprise à cet âge illustre parfaitement la jeunesse entrepreneuriale qui transforme les parcours professionnels de l'intérieur.

Construire son projet en s'appuyant sur les bons outils dès le départ

Avant même de choisir son statut professionnel ou de rechercher un financement, une étape est régulièrement négligée — la clarification des ressources personnelles disponibles. Comprendre ce qu'on possède — épargne, placements, patrimoine — aide à calibrer son besoin réel de financement externe. Cette page sur la gestion du patrimoine illustre bien l'importance de cet état des lieux initial.

Pour les indépendantes et les futures cheffes d'entreprise, l'adhésion à un réseau spécialisé dès la phase de réflexion peut aussi changer la trajectoire. Un RDV découverte avec Action'elles ou une première rencontre avec Féminin Entreprendre autour d'un café peut suffire à faire basculer un projet de l'idée vers l'action concrète.

Les freins sont réels, mais les soutiens spécifiques existent. Ce qui manque souvent, c'est d'oser demander. Les réseaux, les dispositifs, les programmes de mentorat : ils attendent précisément celles qui doutent encore. Agir, c'est déjà commencer.

Quiz : testez vos connaissances

Question 1/5

Selon les données d'Infogreffe analysées en 2021, quel pourcentage des entreprises immatriculées au registre du commerce et des sociétés étaient portées par des femmes ?

A. 28,7%
B. 32,3%
C. 45,1%
D. 38,6%

L'article précise qu'en 2021, parmi les 611 000 entreprises analysées par Infogreffe, 32,3% étaient portées par des femmes.

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