Liste des universités en France : enseignement supérieur
En 2017-2018, 1 642 240 étudiants étaient inscrits dans les universités françaises, sur un total de 2 680 400 étudiants dans l'enseignement supérieur. Ces chiffres illustrent le poids considérable des établissements publics dans le système éducatif national. Depuis la création de l'Université de Paris en 1200 sous Philippe Auguste jusqu'aux réformes contemporaines, les universités françaises ont traversé des siècles de transformations profondes. Cet article présente une vue d'ensemble de leur organisation, de leurs diplômes, de leurs modalités d'accès et de leurs débouchés.
Histoire et évolution des universités en France
Tout commence en 1200, lorsque le roi Philippe Auguste accorde une charte fondatrice à la première université française à Paris. L'Université de Toulouse suit rapidement, sur le même modèle. En 1789, la France compte déjà 22 universités réparties sur le territoire.
Le décret du 15 septembre 1793 de la Convention nationale les supprime brutalement, jugées trop proches de l'Église. Napoléon Ier rétablit un système unifié avec la création de l'Université impériale par décret du 17 mars 1808. Louis de Fontanes en devient le premier grand-maître, assisté du chancelier Jean-Chrysostôme de Villaret. Le Pensionnat normal, ancêtre de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, est conçu pour accueillir jusqu'à 300 jeunes gens, avec une première nomination de 54 élèves.
La loi Louis Liard du 10 juillet 1896 attribue la personnalité juridique aux corps de facultés et leur donne le nom d'universités. La loi Faure du 12 novembre 1968, consécutive aux mouvements étudiants de mai, supprime les facultés et instaure les unités d'enseignement et de recherche (UER). La loi LRU de 2007 accorde ensuite une autonomie élargie aux établissements. Début 2022, la France comptait 54 établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel ayant le statut d'université.

Organisation et gouvernance des universités françaises
Depuis 1968, trois principes structurent le fonctionnement des universités françaises : l'autonomie, la participation démocratique et la pluridisciplinarité. La loi Savary de 1984 puis la loi LRU de 2007 et la loi ESR de 2013 ont renforcé ce cadre.
Le président de l'université, élu à la majorité absolue par les membres du conseil d'administration, exerce un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Il représente l'établissement et dispose du pouvoir exécutif. Au niveau national, les présidents sont regroupés au sein de la Conférence des présidents d'université.
Le conseil d'administration comprend entre 24 et 36 membres : de 8 à 16 représentants des enseignants-chercheurs, 8 personnalités extérieures, 4 à 6 représentants étudiants et 4 à 6 représentants du personnel IATOS. Il vote le budget, approuve les accords et détermine la politique de l'établissement. Le conseil académique, lui, regroupe la commission de la recherche et la commission de la formation. Le directeur général des services et l'agent comptable complètent cette gouvernance.
Le financement provient principalement de l'État, à hauteur de 11 milliards d'euros en 2016, complété par les collectivités territoriales (557 k€), les entreprises (926 k€) et les ménages (351 k€). Pour comparaison, le coût annuel d'un étudiant universitaire est de 10 k€ contre 15 k€ pour un élève de classe préparatoire.
| Source de financement | Montant (2016) |
|---|---|
| État | 11 milliards € |
| Entreprises | 926 k€ |
| Collectivités territoriales | 557 k€ |
| Ménages | 351 k€ |

Les diplômes préparés dans les universités françaises
Depuis la réforme LMD engagée entre 2003 et 2006, la formation universitaire s'articule autour de trois diplômes nationaux principaux. Ce schéma harmonise les cursus avec les standards européens.
La licence dure trois ans après le baccalauréat. Elle couvre les enseignements fondamentaux de chaque filière — droit, sciences, lettres, économie — tout en initiant à la méthodologie de recherche. La licence professionnelle, d'un an, délivre un diplôme bac+3 à visée directement qualifiante. Le master, lui, s'effectue en deux ans après la licence, aboutissant à un niveau bac+5. Il ouvre sur la recherche, l'enseignement ou le monde professionnel. Le doctorat constitue le niveau bac+8 : trois années de recherche aboutissant à la soutenance d'une thèse.
D'autres formations complètent ce panorama :
- Le bachelor universitaire de technologie (BUT), trois ans en IUT
- Le magistère, cinq ans de formation spécialisée
- Les diplômes d'ingénieurs, cinq années post-bac dans des écoles internes
- Les études de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique
- Les diplômes universitaires (DU) et inter-universitaires (DIU), principalement orientés vers la formation continue

Qui peut intégrer une université en France et comment
L'accès à l'université repose sur un principe clair : tout titulaire du baccalauréat ou d'un diplôme de niveau 4 au RNCP peut s'inscrire via Parcoursup. Aucune sélection n'est imposée en première année de licence. Une sélection dite naturelle s'opère néanmoins lors des deux premières années, notamment par la validation des crédits ECTS nécessaires à la progression.
Pour les étudiants issus de BTS ou d'établissements privés, des passerelles vers un diplôme universitaire existent. Franchement, c'est l'un des points forts du système : sa capacité à réintégrer des profils variés. La formation continue s'adresse, elle, aux adultes en reconversion, une option trop souvent méconnue.
Le master change la donne. Certains masters 1 s'obtiennent sur simple justification d'une licence, d'autres — notamment dans les universités les plus cotées — recrutent sur dossier ou entretien. L'entrée en master 2 est sélective dès le niveau bac+4. Ces deux niveaux suivent des logiques très différentes, et il vaut mieux se renseigner tôt sur les prérequis attendus par chaque établissement.

Les débouchés après des études universitaires
58% des étudiants inscrits à l'université sont des femmes — un taux supérieur aux 55% constatés pour l'ensemble de l'enseignement supérieur. Les filières sont diverses et les débouchés multiples.
Après une licence ou un master, les diplômés peuvent intégrer des écoles spécialisées par dossier ou concours : écoles de commerce, d'ingénieurs, de journalisme, de communication, de marketing ou de management. Le doctorat, lui, ouvre la voie vers la recherche scientifique ou l'enseignement supérieur au sein d'un laboratoire ou d'une UFR.
| Discipline (2017-2018) | Total étudiants |
|---|---|
| Arts, lettres, langues, sciences humaines | 523 726 |
| Sciences | 384 167 |
| Sciences économiques | 242 613 |
| Santé | 228 877 |
| Droit et sciences politiques | 208 050 |
| STAPS | 54 807 |
Les universités proposent aussi des formations en alternance et par correspondance. Pour les étudiants qui souhaitent optimiser leur gestion financière en parallèle d'une activité professionnelle, ces modalités permettent de concilier expérience terrain et obtention d'un diplôme reconnu.

Liste des principales universités en France et leur implantation
En 2018, la France recensait 67 établissements ayant le statut d'université, auxquels s'ajoutait l'Institut national polytechnique de Toulouse. Début 2022, ce nombre est passé à 54 établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel. Cette réduction reflète les fusions et regroupements engagés depuis la loi de programme pour la recherche de 2006.
Ces universités couvrent toutes les grandes villes françaises — Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg — ainsi que les départements d'sans compter-mer. Chacune regroupe plusieurs composantes internes :
- Les unités de formation et de recherche (UFR), héritières des anciennes facultés, administrées par un conseil élu de 40 membres au maximum et dirigées par un directeur élu pour cinq ans
- Les instituts universitaires de technologie (IUT)
- Les instituts d'administration des entreprises (IAE)
- Les instituts d'études politiques
- Les écoles d'ingénieurs internes
Les filières couvertes vont du droit à la santé, des lettres aux sciences, des arts aux technologies, en passant par le sport (STAPS) et la théologie. Certains établissements historiques, comme ceux issus de la tradition de la Sorbonne à Paris, conservent leurs intitulés par usage académique.
Pour renforcer la lisibilité du système, des regroupements universitaires ont été constitués sur des territoires académiques ou interacadémiques. Depuis la loi ESR de 2013, un contrat pluriannuel unique peut être conclu entre le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et les établissements regroupés. Entre 2010 et 2020, les effectifs étudiants ont augmenté de 20% tandis que le nombre d'enseignants a diminué de 2% — un déséquilibre structurel qui interroge sur la capacité du système à répondre aux besoins des formations de demain.
Les laboratoires de recherche, souvent constitués en unités mixtes avec le CNRS ou l'INSERM, restent l'un des points forts de l'université française. Comprendre leur fonctionnement et leurs labels — UMR, EMR depuis 2021, label Carnot, école universitaire de recherche — est capital pour tout étudiant envisageant une thèse ou une carrière dans la recherche publique.
- Les unités mixtes de recherche (UMR) associent université et organisme de recherche
- Les équipes mixtes de recherche (EMR) ont remplacé les ERL en 2021
- Les structures fédératives de recherche (SFR) mutualisent équipements et projets entre laboratoires