Comment obtenir un prêt d’honneur ?

Avant de parler de l’obtention d’un prêt d’honneur, accordons quelques lignes pour expliquer en quoi cela consiste exactement. Le prêt d’honneur est un prêt à taux zéro qui est financé par un organisme pour une durée déterminée. Cette durée est une période de 2 à 5 ans. L’organisme, quant à lui, peut être un organisme distributeur, comme l’ADIE ou Initiative France, mais aussi une région ou un département.

Le prêt d’honneur, la création d’une entreprise sans fonds

Créer une société implique le choix d’une structure juridique. Et, les statuts les plus utilisés n’impliquent aucun montant initial minimum.

Dans le cadre d’une micro entreprise, d’une entreprise individuelle ou d’une entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL), il ne faut aucun capital social de départ.

En optant pour une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), une société à responsabilité limitée (SARL) ou une société par actions simplifiées (SAS) unipersonnelle (SASU), il est loisible de fixer soi-même le montant du capital social. Et ce librement ! Néanmoins, de manière logique, créer une société sans capitaux rendra les choses plus difficiles. Il sera, par exemple compliqué d’investir dans du matériel pour vous développer.

Au final, seul les statuts d’une société anonyme (SA) imposent à l’entrepreneur de verser un capital minimum de 37.000 €.

Ceci dit, il est possible d’augmenter son capital social…

Comment augmenter son capital de départ ?

Pour augmenter le capital de départ sans avoir recours à un emprunt personnel, il est possible de passer par des organismes officiels.

Le Nacre

Le Nacre est un dispositif de l’Etat français et se veut le  » Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise ». Il permet aux personnes se lançant dans la création d’entreprise de bénéficier d’avances personnelles à taux zéro, sans intérêts, de 1.000 à 8.000 euros remboursables dans un délai de maximum cinq ans. De plus, le dispositif vise un large public dont les demandeurs d’emploi indemnisés ou non, les bénéficiaires de minima sociaux (RSA, API…), les personnes créant une entreprise au sein d’un quartier prioritaire ou les salariés repreneurs de leur entreprise. La demande d’octroi ne doit pas nécessairement être faite à la création, mais pendant une durée de trois ans suivant la création d’entreprise.

Cependant, le plan de financement ne peut pas dépasser 75.000 euros. Nacre ne peut être utilisé dans le cadre d’une reprise d’entreprise ou de projets collectifs. Et, pour finir, Nacre doit être couplé à un prêt classique d’une banque.

Le Crowdfunding

Le crowdfunding peut prendre beaucoup de forme. Et, il existe de nombreuses plateformes qui permettent à un entrepreneur d’y parvenir. Ce genre de site permet aux porteurs de projets de poster des annonces pour financer le lancement de leur entreprise (et pas uniquement) pour trouver des personnes désireuses d’investir un financement.

Par exemple, le Lovemoney se définit comme une « épargne affective de proximité ». Il s’agit d’un concept né récemment et qui propose d’utiliser de l’argent provenant de la famille, d’amis ou de connaissances qui croient en un projet. Les personnes ayant investi deviennent de facto des actionnaires, à l’instar d’un partenaire ou d’un associé. Il n’y a pas de montant défini, le Lovemoney peut aller de quelques centaines à quelques milliers d’euros.

Entre autres, grâce à l’apport de Lovemoney lors de la constitution du capital de l’entreprise, l’entrepreneur pourrait désormais montrer aux autres investisseurs qu’il a déjà su convaincre ses proches quant à la rentabilité de son projet. Par ailleurs, des associations regroupent ces investisseurs en Lovemoney et veillent aux intérêts de ces particuliers.

Par contre, le soutien moral et financier de l’entourage ne vont pas suffire. Les besoins en aide, contacts, compétences, etc. ne sont pas négligeables et, dans ces cas, il y a un réel besoin en investisseurs professionnels.

Permettre à une nouvelle entreprise de grandir
Le prêt d’honneur donne un coup de pouce aux créateurs d’entreprise et permet de faire grossir les nouvelles structures

Le prêt d’honneur

L’ ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique) octroie un prêt d’honneur aux personnes ne disposant pas de fond pour autofinancer la création de leur entreprise. Les avantages de ce type de prêt sont nombreux. Aucun besoin de garantie ou de garants pour l’obtenir ! Le contractant s’engage sur l’honneur au remboursement du prêt. De plus, une fois que le prêt d’honneur reçu, les banques accepteront beaucoup facilement d’accorder des emprunts à l’entrepreneur.

Il s’agit donc d’une réelle marque de confiance de la part de l’organisme ; et au delà de cela, une preuve que le projet à du potentiel. Cependant, au vu des avantages offerts, seuls les projets solides et dans l’intérêt de la région d’implantation ont une chance d’obtenir un prêt d’honneur. On retrouve le même type de démarche auprès du réseau Entreprendre et d’Initative France.

Qu’est-ce que le prêt d’honneur ?

Le prêt d’honneur s’adresse avant tout aux créateurs qui n’ont que peu d’apport personnel. Il a pour but de compléter les fonds propres pour augmenter le capital et donner plus de viabilité au projet sans avoir recours à des financements bancaires.

Toute personne, tout projet peut en bénéficier, mais suivant l’organisme, certains profils sont privilégiés par rapport à d’autres. Ainsi, l’ADIE privilégie ceux qui permettent la réinsertion économique des personnes en difficulté.

Suivant l’organisme également, les prêts sont plus orientés vers les nouvelles entreprises ou vers les entreprises déjà existantes, mais récentes. Celles qui sont en phase de développement. Tout simplement parce que le prêt d’honneur à plusieurs objectifs.

Quels sont les objectifs du prêt d’honneur ?

Outre l’aide apportée à la source, le prêt d’honneur à d’autres buts. Cette somme d’argent prêtées peut :

  • être un investissement de départ
  • permettre d’investir dans du matériel
  • financer les besoins d’une entreprise en Fonds de Roulement (BFR)
  • se voir comme une clé à de nouveaux investissements (un jalon en quelque sorte)

En effet, on considère que pour chaque euro prêté par le biais d’un prêt d’honneur, les banques accordent 7,8 euros en moyenne de financement complémentaire. Il s’agit donc d’un levier auprès des banques pour le créateur d’entreprise.

Quels sont les montants prêtés ?

Les montants varient selon plusieurs paramètres. L’organisme prêteur, ,le projet, la région en sont autant d’exemples. En moyenne, les montants varient entre 3.000 et 15.000 euros avec un montant moyen de 7.500 euros. Certains organismes sont toutefois plus généreux, comme le réseau Entreprendre. Là, les prêts peuvent aller jusqu’à 50.000 euros (25.000 euros en moyenne).

Dans la plupart des cas, le prêt est octroyé à un taux de 0 %. Il s’agit d’une aide que le bénéficiaire s’engage à rembourser sur l’honneur dans le délai imparti, il n’y a donc pas de réel sanction si ce n’est la perte de tout crédit auprès de l’organisme. Cependant, il est possible que certains organismes y incorporent un taux, mais inférieur à celui du marché.

Obtention d'un prêt d'honneur
L’obtention d’un prêt d’honneur est clairement un facteur favorisant la croissance des nouvelles entreprises

Comment obtenir un prêt d’honneur ?

La première démarche est de s’adresser à une structure d’aide à l’entreprise. Généralement, la région ou le département où se situe le demandeur dispose d’une liste des organismes susceptibles de financer à taux zéro. A partir de là, il est nécessaire de construire un dossier solide, tel un business plan, et compléter les formalités spécifiques à chaque réseau d’aide.

Dans un premier temps, l’organisme en question (ADIE, Initiative France, etc.) étudiera le dossier. Une convocation sera adressée afin que le porteur de projet puisse défendre son dossier et le présenter devant un comité. Ce comité d’agrément composé de banquiers, d’experts-comptables et de dirigeants de société. Ce sont ces derniers qui décideront d’octroyer le prêt (ou non) en fonction de la maturité du projet et du niveau de motivation de l’emprunteur.

En recevant un prêt d’honneur, le porteur de projet s’engage sur un certain nombre de points. Il a notamment rendez-vous avec un tuteur, une sorte d’accompagnateur qui le guide dans la gestion de son entreprise tout au long du remboursement du prêt. Ce dernier est versé directement su le compte bancaire de l’entreprise qui doit alors le rembourser dans les conditions prévues lors de la conclusion du contrat avec l’organisme.  A noter que le délai pour obtenir un prêt, son montant et sa durée varie en fonction de chaque projet et son des données spécifiques à chaque demandeur.

Quelles sont les démarches à suivre ?

Comme pour tout projet, obtenir un prêt d’honneur nécessite de bien préparer sa demande pour mettre toutes les chances de son côté. Il existe mille et une façons de persuader un organisme de prêter de l’argent pour financer un projet. Mais pour que cela réussisse, il faut monter un dossier solide et croire au produit qu’on vient vendre. De plus, il faut souligner que chaque dossier est soumis à des conditions spécifiques qui dépendent d’une part du projet, d’autre part de l’organisme à qui a été faite la demande.

Quelles sont les conditions générales d’octroi ?

Il y a des conditions tenant à la personne qui porte le projet. Toute personne peut être candidate à un prêt, quels que soient son âge, sa nationalité, son niveau de formation, son parcours professionnel. Cependant, le porteur doit avoir un réel besoin d’accompagnement et cette demande doit être faite par lui-même. Si l’unique recherche est celle de fonds, la candidature est d’office rejetée. L’argent est nécessaire à tout projet, mais l’accompagnement sera déterminant pour sa viabilité. C’est le point le plus important à souligner.

Il y a des conditions tenant au projet. Si tout projet peut être défendu, le demandeur doit en posséder le contrôle ou la majorité des parts. Le projet doit, en outre, se caractériser par la création significative d’emplois, soit au moins 6 emplois à 3 ans, un besoin de financement correspondant à celui d’une future PME (70.000 € au moins) et une dimension stratégique de développement.
Il est possible d’avoir recours à un prêt d’honneur pour la reprise d’une société. Mais cette dernière ne doit pas excéder 50 emplois. Il en va de même pour les franchisés, mais les contrats de franchise seront examinés à la loupe, de même que les besoins en accompagnement.

Enfin, il y a des conditions vis-à-vis de la date de création de l’entreprise. La demande de prêt doit se faire dans les mois qui suivent sa création afin que l’aide soit réellement utile. Il faut donc que cela soit fait dans les 6 mois avant la création et au plus tard dans l’année qui suit le démarrage de l’activité.

Où trouver les meilleurs prêts d’honneur ?

Deux réseaux nationaux ont pour but d’accorder des prêts d’honneur. Ceux-ci sont versés une fois le dossier examinés par un comité d’agrément. En outre, les jeunes entrepreneurs sont aidés par des chefs d’entreprise, des banquiers et d’autres experts en financement pour que leur projet soit viable. Ces réseaux sont :

A quel montant s’attendre ?

Le montant octroyé varie en fonction du projet, de son ampleur, et de la réelle nécessité de fonds. De même, suivant la porte à laquelle on frappe, les montants seront différents. Par rapport aux deux réseaux cités précédemment, Initiative France prête généralement entre 2.000 et 50.000 euros suivant le projet. En 2017, la moyenne des prêts s’élevait à 9.700 euros.

Le réseau Entreprendre propose des prêts entre 15.000 et 50.000 euros. Pour les projets les plus innovants, l’enveloppe peut même monter jusqu’à 100.000 euros. En moyenne, sur la même année 2017, le montant des prêts accordés était de 30.000 euros. Et ce, toujours avec des prêts à taux zéro.

Il faut également rappeler que l’octroi de tels crédits a un impact important en matière de levier de financement. Selon les chiffres de ces deux réseaux, pour chaque euro prêté, les alternatives classiques octroient entre 7,3 et 13 euros de financement complémentaire !

Engagements du porteur
Le prêt d’honneur s’accompagne d’un engagement de la part du porteur de projet

A quoi s’engage le porteur de projet ?

En acceptant le prêt d’honneur, le demandeur s’engage sur l’honneur à rembourser les sommes empruntées et accepte un suivi personnalisé qui implique la rencontre avec un tuteur tous les trois mois. En plus d’être un tremplin pour la croissance de l’entreprise naissante, un prêt d’honneur ouvre le soutien de professionnels dans l’accompagnement de l’entreprise. En plus, le créateur d’entreprise pourra bénéficier du soutien d’autres chefs d’entreprise, d’experts…

D’autre part, le demander s’engage à être suivi par un expert ou un chef d’entreprise qui le guidera pendant la durée de son prêt de manière régulière.

Enfin, il faut souligner le fait qu’un prêt d’honneur est accordé à titre personnel et non à la société. Cela signifie que le porteur de projet est personnellement responsable. Contrairement à un crédit classique, le demandeur est seul responsable. En effet, le crédit classique fait la part entre le patrimoine personnel et celui de l’entreprise en cas de faillite, sauf s’il y a erreur de gestion. A noter aussi que la durée de remboursement est relativement courte, ce qui augmente les tranches de remboursement. Au plus le crédit sera important, au plus l’impact sera important pour l’entreprise.

Sources :

http://www.initiative-france.fr/

www.reseau-entreprendre

https://www.l-expert-comptable.com/a/534037-qu-est-ce-qu-un-pret-d-honneur.html

https://www.afecreation.fr/pid1616/les-prets-d-honneur.html

https://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/reglementation/creation-entreprise/aides-creation/pret-honneur

http://www.dynamique-mag.com/article/reseau-entreprendre-un-pret-d-honneur-certes-mais-un-accompagnement-aussi.2030

https://www.lecoindesentrepreneurs.fr/pret-nacre/

https://www.adie.org/nos-actions/microcredit-adie-en-pratique

1 réflexion au sujet de “Comment obtenir un prêt d’honneur ?”

  1. Bonjour je suis actuellement embauchée à temps partiel et ce depuis 5ansdans une boulangerie mon patron va mettre en vente son commerce et j’amerai Pouvoir reprendre l’activite C’est à dire reprendre la boulangerie ai je le droit de bénéficier d’un prêt d’honneur ou pas

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