Salaire d’un surveillant pénitentiaire

Il est des métiers qui peuvent être moins faciles que d’autres, mais qui n’en sont pas moins nécessaires et utiles à la société. Parmi ces métiers, celui de surveillant pénitentiaire. Ce qu’on appelait autrefois le gardien de prison ou le maton. Un métier dur, avec beaucoup de défis, mais qui promet d’être gratifiant de par ce qu’il amène à l’utilité publique et à la protection de l’Etat. Le surveillant pénitentiaire prend, comme tout le monde le sait, en charge les prisonniers qui ont été placés sous mandat d’arrêt par les autorités judiciaires. Mais comment devient-on surveillant pénitentiaire ? Quelles sont les tâches quotidiennes ? Et combien gagnent ces hommes et ces femmes qui représentent l’autorité dans le milieu carcéral ?

Focus sur le métier de surveillant pénitentiaire

Le surveillant pénitentiaire fait partie des métiers de surveillance et de répression au même titre que les policiers. Ils sont sous la houlette d’un ministère, mais dépendent à la fois du ministère de l’Intérieur (pour certaines missions) et du ministère de la Justice en premier lieu, suivant les sections et les personnes. D’autres métiers leur sont associés comme celui de conseiller pénitentiaire, d’agent de médiation, de gardien de la paix. Le passage d’une profession à l’autre est facile et couvre un autre aspect du même problème, celui de la privation de liberté.

Pour être employé et rémunéré comme agent pénitentiaire, il ne faut pas faire de grandes études. Il suffit d’avoir le brevet des collèges en poche. Ce qui garantit une place comme fonctionnaire d’Etat de catégorie C de l’administration pénitentiaire avec un salaire net d’environ 1.540 € en début de carrière. A cela s’ajoutent d’éventuelles primes et indemnités qui font grossir le salaire. Cela peut être des primes de nuit, par exemple, puisque les détenus sont surveillés 24 h sur 24 et 365 jours par an.

Une seule condition pour accéder au métier : être âgé entre 19 ans et 42 ans.

Prison
Parce que les murs ne suffisent pas

Que fait un gardien de prison ?

Un gardien de prison est en charge d’assurer la garde des prisonniers. Il doit les surveiller lorsqu’ils sont dans leurs cellules tout comme lorsqu’ils sont dans la cour. 24h sur 24 et 7j sur 7 où que les détenus se trouvent dans la prison. Et, il réalise cette tâche sous la surveillance d’un surveillant chef, que l’on appelle le premier surveillant, ou d’un officier. Ce dernier est lui-même placé sous l’autorité du directeur de l’établissement qui est directement nommé par le ministère.

Parmi les tâches que l’on attribue au gardien de prison, il y a la mission de réinsertion. Il ne s’agit pas uniquement de garder une personne détenue, mais aussi de la préparer à se réinsérer.

Les tâches du surveillant pénitentiaire nécessitent une grande concentration de sa part. Il ne doit jamais oublier que le moindre déplacement est susceptible de dégénérer ou qu’une bagarre, une altercation peut se déclencher. Cela peut être entre prisonniers, ou alors entre des détenus et leurs gardiens.

Au sein d’une prison, il n’y a pas de quoi s’ennuyer. Les missions à effectuer sont nombreuses. Il y a des rondes de surveillance, des contrôles et des fouilles à effectuer, etc. Mais il y a aussi la distribution du courrier, l’escorte des prisonniers vers les douches ou le parloir. D’autres activités nécessitent la surveillance comme la promenade, les activités organisées (bibliothèques, salle de sport, etc.).

Pour tout cela, il faut que le surveillant pénitentiaire fasse preuve d’autorité, mais sache garder son calme.

L’Etat aussi est conscient des enjeux et favorise le gain de sécurité dans les nouvelles constructions. Ainsi, les prisons les plus récentes possèdent des douches individuelles, ce qui diminue les risques de conflits entre prisonniers à ces moments-là.

Quelle formation pour devenir agent pénitentiaire ?

Comme il est exprimé plus haut, être agent pénitentiaire, cela veut dire être fonctionnaire et avoir ce statut. Ainsi, il faut passer un concours national lorsqu’il est organisé par le ministère de la Justice. Une fois ce concours réussi, il faut encore suivre une formation à l’Ecole Nationale d’Administration Pénitentiaire.

Tout le monde ne peut pas prétendre à devenir un surveillant pénitentiaire. Il faut répondre à certains critères, dont :

  • avoir la nationalité française
  • jouir de ses droits civiques et avoir un casier judiciaire vierge. Sinon, c’est incompatible avec la fonction.
  • être titulaire du brevet des collèges (ou d’un équivalent reconnu)
  • avoir au minimum 19 ans et au maximum 42 ans.

Pour être admissible, il faut passer un test qui regroupe toute une série de questions comme des questions de logique, d’observation, d’analyse. Tout cela est testé afin de voir si, sur le papier, le candidat sera capable de gérer des détenus à l’intérieur d’un établissement. Mais il ne faut pas pour autant se dire qu’il ne faut pas un minimum de jugeote. De nombreuses questions portent sur l’évolution historique de la France, sur les institutions et les principes de la République et sur l’actualité.

Comme pour les policiers, il est important de pouvoir juger de l’intégrité d’une personne avant de l’engager et de l’envoyer dans un milieu « hostile. »

Si l’aspirant surveillant réussit les premières épreuves écrites, il est alors confronté à 3 nouvelles épreuves :

  • un entretien avec un psychologue qui l’évalue au travers de tests psychotechniques
  • une épreuve sportive pour s’assurer de la résistance physique
  • un entretien devant un jury qui portera soit sur la personnalité et les motivations à être surveillant, soit sur les acquis si l’aspirant a travaillé dans un domaine similaire auparavant.
Surveillant pénitentiaire
Surveillant pénitentiaire au travail

L’ENAP, l’école de formation

L’ENAP est l’école de formation des surveillants pénitentiaires. Elle dispose de 5 filières en fonction des profils à former. Cela va du personnel de direction au personnel de surveillance en passant par les personnels d’insertion, de probation et administratifs et techniques.

Une formation au sein de cet institut dure 8 mois. C’est donc bien moins long qu’une filière d’étude classique. La formation est axée sur l’apprentissage du métier, de ses aspects pratiques et de la manière dont il faut gérer une population carcérale parfois difficile.

Le point positif qu’il faut souligner, c’est que cette formation est rémunérée 1.200 € net par mois avec primes de stage inclus. L’aspirant surveillant ne se retrouve donc pas sans ressource financière, même si la rémunération n’est pas fort élevée. Il s’agit d’un système similaire à celui de l’armée qui paie un salaire à ses recrues le temps de la formation.

L’ENAP s’étend sur un campus de 16 hectares qui se situe à Agen et qui est géré par le ministère de la Justice. Là, l’élève aspirant est entièrement pris en charge par le ministère et est nourri et blanchi tandis qu’il reçoit une formation. En effet, la centralisation de la formation oblige l’Etat à pourvoir aux besoins de personnes habitant loin de là.

Evidemment, pour que le futur surveillant soit formé correctement, l’apprentissage doit passer par des stages, et pas uniquement par une formation théorique. Cette dernière comprend des cours de droit, de sciences humaines, de criminalistique, etc. Ainsi, la recrue possède toutes les connaissances pour aborder sereinement son métier.

Quel est le salaire d’un gardien de prison ?

Comme le métier de surveillant pénitentiaire est un métier de la fonction publique, celui-ci est régi par des barèmes légaux fixés par l’Etat. Il n’est donc pas possible pour la recrue de négocier son salaire, à moins de faire valoir une ancienneté équivalente.

Ainsi, en début de carrière, le gardien peut espérer gagner 1.540 € nets par mois. En fin de carrière, le dernier échelon du barème prévoit un montant de 2.170 € net par mois.

Ce montant peut varier quelque peu et la rémunération peut grossir en fonction d’autres facteurs. Il existe, en effet, des primes et des indemnités. De plus, l’évolution vers des postes d’encadrement permet de gagner plus. Les postes à responsabilité permettent d’avoir des primes ou de passer sur des barèmes différents, ce qui fait augmenter la rémunération de facto. Même le poste de chef d’établissement peut être occupé par un surveillant pénitentiaire, à condition qu’il y ait moins de 200 places.

La principale évolution salariale pour un gardien de prison reste l’ancienneté. Et avec les années qui passent, les opportunités deviennent plus larges. Ainsi, après 6 ans d’ancienneté, une première porte s’ouvre. Le surveillant a accès à un concours interne (donc uniquement pour les surveillants) et qui lui permet d’atteindre le premier niveau d’encadrement, celui de premier surveillant.

Si ce concours est réussi, le premier surveillant peut accéder au rang de major pénitentiaire, ce qui fait augmenter la rémunération. A nouveau, la seule contrainte est celle du temps. Il faut avoir 13 ans d’ancienneté, dont 4 au poste de premier surveillant. Un jury examinera également les capacités professionnelles du gardien pour vérifier s’il est apte à la fonction.

L’avantage de ce type de poste est de passer dans l’encadrement des surveillants et donc d’avoir des responsabilités (qui octroient une prime). Cela permet aussi de ne plus devoir travailler uniquement au contact des prisonniers, mais de faire de l’administratif également. C’est aussi ce type d’avancement qui permet d’avoir accès aux fonctions spécialisées.

Pour bien comprendre la rémunération d’un surveillant pénitentiaire, il faut savoir que des fonctions spécialisées existent au sein d’une prison. Exemples : moniteur de sport, formateur, membre de l’ERIS (équipe régionale d’intervention et de sécurité). Chacun de ces postes peut donner droit à une prime.

Après le poste de major pénitentiaire, il existe celui de lieutenant. Il s’agit du premier niveau du corps de commandement. Ensuite viennent les rangs de capitaine et de commandant pénitentiaire, auxquels le surveillant peut prétendre. Ces postes à responsabilité font l’objet d’une convoitise, car ils permettent d’avoir une réelle autorité dans la prison sur les détenus, mais également sur les gardiens eux-mêmes et de devenir responsable d’une prison. De plus, les barèmes de rémunération sont bien plus élevés, car ils sont assimilés à de l’administratif. Par contre, il faut à nouveau tenir compte du temps qui doit passer puisqu’il n’est pas possible de prétendre au rang de lieutenant avant d’avoir 38 ans. Et 12 ans de service effectif dans une prison. A prendre en compte également : les examens et les jurys qui valident les candidatures et jugent les candidats et lui permettent d’avoir une meilleure rémunération.

Gardien de prison, quel salaire
Alors, quel salaire pour un gardien de prison ?

Quel est le rôle du surveillant pénitentiaire ?

Son rôle principal est de veiller au respect des règles. En prison, il existe des consignes de sécurité. De plus, il s’agit d’un milieu sous tension où la moindre erreur peut être sanctionnée. Il faut donc avoir de la discipline et de la rigueur.

Les tensions sont nombreuses et les problèmes jamais loin. Il faut donc rester attentif aux moindres faits et gestes. Une attitude suspecte par-ci, des discussions régulières par-là peuvent être des signes avant-coureurs de problèmes plus graves tels une mutinerie ou une tentative d’évasion.

C’est pourquoi, il est important que le surveillant pénitentiaire remplisse activement son rôle en procédant à des fouilles régulières des cellules pour confisquer les objets dangereux et prohibés ; qu’il réalise des fouilles corporelles régulièrement, etc.

Mais cela ne doit pas l’écarter d’une des missions prioritaires qu’il a. Celle de faire en sorte que le détenu ne revienne plus. Il doit donc travailler à la réinsertion. Cela passe entre autres par les services pénitentiaires d’insertion et de probation (le SPIP). Ce service doit prévenir les éventuelles récidives en donnant au détenu une nouvelle chance de se réintégrer dans la société.

Une réintégration dans la société ne se fait pas du jour au lendemain. Le passage par la case prison implique des faits graves et / ou répétés qui ont nécessité le placement d’une personne en institution judiciaire. Cela signifie qu’il a été considéré comme trop dangereux pour la société. Il y a donc un réel travail à effectuer sur la personne.

Il faut lui remettre les clés pour réussir un avenir et se réadapter à la société en respectant les règles.

Pour y arriver, différents partenaires judiciaires et sociaux : assistante sociale, avocat, juge, procureur, conseiller d’orientation, etc.

Le rôle du surveillant pénitentiaire dans ce processus ? Rester à l’écoute du détenu et prendre soin de sa santé psychologique et physique en l’encadrant et en répondant à ses attentes en fonction de son comportement (besoin de cigarettes, passer un coup de fil, etc.)

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