Salaire d'un sénateur : les chiffres publiés par le Sénat, du brut au net

Un sénateur perçoit la même indemnité brute qu'un député, fixée par la même ordonnance de 1958, mais un net plus bas, car le Sénat a ses propres caisses de retraite et de sécurité sociale. Pour ses frais de mandat, il reçoit des avances mensuelles qu'il doit justifier.

Indemnité d'un sénateur : brut et net

Indemnité parlementaire mensuelle
Indemnité de base5 931,95 €
Indemnité de résidence (3 %)177,96 €
Indemnité de fonction (25 %)1 527,48 €
Total brut mensuel7 637,39 €
CSG et CRDS−740,83 €
Cotisation complémentaire (CAASS)−40,34 €
Retraite−1 180,10 €
Net mensuel avant impôt5 676,12 €

L'indemnité de base est égale à la moyenne du traitement le plus bas et du plus élevé des fonctionnaires hors échelle ; l'indemnité de résidence en ajoute 3 %, l'indemnité de fonction le quart du tout (Ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958 portant loi organique relative à l'indemnité des membres du Parlement).

Les retenues sont celles que publie le Sénat. Le cumul avec des indemnités de mandats locaux est plafonné : au plus 2 965,98 € par mois de mandats locaux, pour un total de 8 897,93 €.

Frais de mandat et collaborateurs

Ces sommes financent l'exercice du mandat : elles ne sont pas un revenu du parlementaire.

  • Avance de frais de mandat générale (métropole) 6 600,00 € par mois
  • Avance pour l'hébergement 1 500,00 € par mois
  • Avance de représentation 750,00 € par mois
  • Avance informatique, à chaque renouvellement 6 000,00 €

Député ou sénateur : même brut, net différent

Le brut est le même pour un député et un sénateur, 7 637,39 € par mois. Le net diffère, parce que les régimes de retraite et de protection sociale des deux assemblées ne sont pas les mêmes : 5 676,12 € pour un sénateur, 5 953,34 € pour un député. Voir le salaire d'un député.

Ce que publie le Sénat sur l'indemnité des sénateurs

La page du Sénat sur l'indemnité parlementaire, mise à jour le 30 mars 2026, souligne que son montant n'est pas fixé par les parlementaires eux-mêmes, contrairement à certains États étrangers, mais par l'ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958. La base y est la moyenne du traitement le plus bas, la lettre A, et du plus haut, la lettre G, des fonctionnaires hors échelle : conseillers d'État, préfets, directeurs d'administration centrale.

Les montants publiés valent depuis le 1er janvier 2024, après l'attribution de 5 points d'indice majoré dans la fonction publique : 7 637,39 € brut par mois. Une indemnité de fonction s'y ajoute pour certaines responsabilités : 7 591,58 € pour le Président du Sénat, 4 444,97 € pour un questeur, 2 184,30 € pour un vice-président ou un président de commission.

Ces éléments sont imposables comme des traitements et salaires (article 80 undecies du code général des impôts). Le net publié, 5 676,12 €, s'entend avant prélèvement à la source.

Retraite et sécurité sociale des sénateurs : deux caisses propres au Sénat

Le Sénat assure lui-même la protection sociale de ses membres, d'où des retenues propres :

  • la Caisse autonome de sécurité sociale des sénateurs, à laquelle ils sont affiliés depuis 1948, sert des prestations équivalentes à celles du régime général, financées par la part maladie de la CSG, et des prestations complémentaires de type mutuelle, d'où une cotisation de 40,34 € ;
  • la Caisse des retraites des anciens sénateurs, créée en 1905, applique des règles analogues à celles des fonctionnaires de l'État ; sa cotisation, 1 180,10 € par mois, est la retenue la plus lourde.

Selon le Sénat, la caisse de retraite vit des cotisations et des revenus de ses actifs financiers, sans transfert de l'État. La réforme de 2023 y a été transposée : départ porté progressivement de 62 à 64 ans, 43 annuités pour le taux plein, pension plafonnée au niveau de l'indemnité perçue pendant le mandat.

Avances de frais de mandat : versement, justification et contrôle

Depuis 2018, le Sénat combine des services fournis directement, comme le bureau, le train ou 80 passages aériens par an pour un sénateur de métropole, et des avances mensuelles, que détaille son guide pratique de 2026 :

  • avance générale : 6 600 € par mois, plus 375 € pour un sénateur d'outre-mer et 2 500 € pour un sénateur des Français établis hors de France ;
  • avance hébergement : 1 500 € par mois pour se loger à Paris, sauf pour les sénateurs de Paris ou logés au Sénat ;
  • avance représentation : 750 € par mois pour les sénateurs qui exercent des fonctions particulières ;
  • avance informatique : 6 000 € à l'entrée en fonction puis à chaque renouvellement du Sénat, tous les trois ans.

Les avances arrivent sur un compte bancaire dédié, distinct de celui de l'indemnité. Chaque dépense doit être déclarée avec sa facture au plus tard le 15 janvier de l'année suivante, sinon elle reste à la charge personnelle du sénateur. Lors de l'apurement annuel, en février, le Sénat reprend les avances non dépensées ; l'avance générale n'est remise à disposition que dans la limite de 6 600 €. Le Comité de déontologie parlementaire contrôle les justificatifs selon un principe fixé par le Bureau : aucun enrichissement personnel. Dépenses électorales, achat immobilier et amendes sont exclus.

Collaborateurs des sénateurs : un crédit géré par une association

Les sénateurs peuvent recruter des collaborateurs depuis 1976. Le Sénat indique un crédit mensuel de 8 827,40 € bruts au 1er juillet 2023 pour la rémunération d'une équipe de cinq salariés au plus. Sa gestion est déléguée à l'Association pour la gestion des assistants de sénateurs, qui établit les bulletins de paie et verse salaires et charges pour le compte de chaque sénateur.

Le sénateur reste l'employeur. Ses collaborateurs, sous contrat de droit privé, doivent avoir au moins le baccalauréat ou quinze ans d'expérience professionnelle, et ne peuvent pas appartenir à sa famille proche. Leur liste est publique. Un collaborateur percevait en moyenne 3 865 € bruts en 2022.

Cumul et fin de mandat d'un sénateur

L'indemnité parlementaire est, selon le Sénat, « exclusive de toute rémunération publique », sauf rares exceptions comme les professeurs d'université. Avec des mandats locaux, celui de maire par exemple, le total est plafonné à 8 897,93 € par mois au 1er janvier 2024, dont 2 965,98 € au plus pour les mandats locaux (loi organique n° 92-175 du 25 février 1992).

Un sénateur non réélu dont le revenu brut est inférieur à l'indemnité de base peut recevoir, jusqu'à 64 ans, une allocation d'aide au retour à l'emploi mensuelle et dégressive : elle comble l'écart entre ce revenu et un plafond de référence qui baisse chaque trimestre. À l'Assemblée, l'allocation est un pourcentage de l'indemnité versé pendant une durée limitée : voir le salaire d'un député, et pour toutes les fonctions le salaire des élus.

Questions fréquentes

Combien gagne un sénateur par mois ?

Un sénateur perçoit 7 637,39 € brut par mois, comme un député : 5 931,95 € d'indemnité de base, 177,96 € de résidence et 1 527,48 € de fonction. Après les retenues publiées par le Sénat, il reste 5 676,12 € net avant impôt. Certaines responsabilités, comme la présidence d'une commission, ajoutent une indemnité.

Pourquoi un sénateur gagne-t-il moins qu'un député en net ?

Parce que les retenues diffèrent. La CSG et la CRDS sont les mêmes, mais la cotisation de retraite d'un sénateur, 1 180,10 € par mois, dépasse celle d'un député, 828,66 €. Le net d'un sénateur s'établit ainsi à 5 676,12 €, contre 5 953,34 € pour un député, pour un même brut de 7 637,39 €.

Comment fonctionne la retraite d'un sénateur ?

Il cotise à la Caisse des retraites des anciens sénateurs, aux règles analogues à celles des fonctionnaires de l'État. Avec la réforme de 2023, transposée au Sénat, l'âge de départ rejoint progressivement 64 ans et le taux plein suppose 43 annuités ; la pension ne peut dépasser l'indemnité perçue pendant le mandat.

Que deviennent les frais de mandat non dépensés par un sénateur ?

Chaque dépense doit être déclarée avec sa facture avant le 15 janvier de l'année suivante. En février, lors de l'apurement annuel, le Sénat reprend les avances non utilisées et ne remet à disposition que 6 600 € au plus d'avance générale. Une dépense non justifiée reste à la charge personnelle du sénateur.

Un sénateur peut-il cumuler son indemnité avec un autre revenu public ?

En principe non : l'indemnité parlementaire est exclusive de toute rémunération publique, sauf rares exceptions comme les professeurs d'université. Les indemnités de mandats locaux sont admises, mais plafonnées à 2 965,98 € par mois, pour un total de 8 897,93 € au plus, cotisations sociales obligatoires déduites, selon le Sénat.

Rémunération des autres élus

Sources et méthode

Montants calculés à partir des textes qui fixent chaque rémunération et de la valeur du point d'indice, chaque composante arrondie au centime. Ils suivent la valeur du point sans être réécrits. Relevé vérifié le 12 octobre 2026. On parle ici de fonctions, jamais de personnes.

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