Charges patronales : liste, taux et méthode de calcul

Les charges patronales sont les cotisations et contributions sociales que l'employeur verse en plus du salaire brut. Leur montant dépend de l'assiette de chaque cotisation, de l'effectif de l'entreprise et de la réduction générale, très forte au Smic et nulle à partir de trois fois le Smic.

Smic

12,31 € de l'heure

Brut, depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € par mois pour 35 heures par semaine.

Plafond de la sécurité sociale

4 005,00 € par mois

Il sert d'assiette à plusieurs cotisations de retraite.

Barème vérifié

12 octobre 2026

Sur les règles publiées par l'Urssaf ; calcul contrôlé contre le simulateur officiel.

Taux des charges patronales en 2026

Taux en vigueur pour un salarié du secteur privé en métropole (hors Alsace-Moselle). Les colonnes « tranche 1 / tranche 2 » distinguent la part du salaire sous le plafond de la sécurité sociale et la part au-dessus.

Taux des cotisations patronales et salariales
Cotisation Part salarié Part employeur
Assurance maladie, maternité, invalidité, décès — 13 %
Accidents du travail et maladies professionnelles — Propre à l'entreprise (taux moyen 2,08 %)
Prévoyance des cadres Cadres — 1,50 %
Assurance vieillesse plafonnée 6,90 % 8,55 %
Assurance vieillesse déplafonnée 0,40 % 2,11 %
Retraite complémentaire Agirc-Arrco 3,15 % / 8,64 % 4,72 % / 12,95 %
Contribution d'équilibre général (CEG) 0,86 % / 1,08 % 1,29 % / 1,62 %
Contribution d'équilibre technique (CET) Salaire au-dessus du plafond 0,14 % 0,21 %
Apec (cadres) Cadres 0,024 % 0,036 %
Allocations familiales — 5,25 %
Assurance chômage — 4 %
Garantie des salaires (AGS) — 0,25 %
CSG déductible / non déductible et CRDS 6,80 % + 2,40 % + 0,50 % —
Fonds national d'aide au logement (Fnal) — 0,10 % (moins de 50) ou 0,50 %
Contribution solidarité autonomie (CSA) — 0,30 %
Contribution à la formation professionnelle — 0,55 % (moins de 11) ou 1 %
Taxe d'apprentissage — 0,59 %
Solde de la taxe d'apprentissage — 0,09 %
Contribution au dialogue social — 0,016 %
Participation à l'effort de construction (1 % logement) 50 salariés et plus — 0,45 %
Versement mobilité 11 salariés et plus — Fixé par la commune ou l'intercommunalité
Forfait social 11 salariés et plus — 8 %
Complémentaire santé (mutuelle) Le reste 50 % au moins
Réduction générale dégressive unique (RGDU) jusqu'à −39,81 %

Charges patronales selon le salaire brut : exemples

Charges patronales pour plusieurs salaires bruts mensuels
Brut mensuel Charges patronales Coût total
1 867,02 € (Smic) 120,74 € 1 987,76 €
2 000,00 € 248,52 € 2 248,52 €
2 500,00 € 662,65 € 3 162,65 €
3 000,00 € 1 007,18 € 4 007,18 €
4 000,00 € 1 577,84 € 5 577,84 €

Temps plein, non-cadre, moins de 11 salariés, taux AT/MP moyen, mutuelle de 40,00 € payée à moitié par l'employeur. Pour un autre salaire, un temps partiel ou vos propres taux : simulateur du coût d'un salarié.

Liste des charges patronales et assiette de chaque cotisation

Chaque cotisation patronale s'applique à une assiette : le salaire brut, primes et avantages en nature compris, en totalité ou en partie selon la cotisation. Le repère est le plafond mensuel de la sécurité sociale, 4 005,00 €.

  • Sur la totalité du salaire : assurance maladie (13 %), vieillesse déplafonnée (2,11 %), allocations familiales (5,25 %), accidents du travail, contribution solidarité autonomie (0,30 %), formation professionnelle, taxe d'apprentissage, contribution au dialogue social et, selon l'effectif, versement mobilité.
  • Dans la limite du plafond : vieillesse plafonnée (8,55 %) et, sous 50 salariés, Fnal (0,10 %).
  • Dans la limite de quatre plafonds : assurance chômage (4 %), garantie des salaires AGS (0,25 %) et, pour les cadres, Apec.
  • Par tranches : la retraite complémentaire Agirc-Arrco prend 4,72 % sur la tranche 1, jusqu'au plafond, et 12,95 % sur la tranche 2, de un à huit plafonds, plus la contribution d'équilibre général (1,29 % puis 1,62 %). Quand le salaire dépasse le plafond, la contribution d'équilibre technique s'y ajoute.

La retraite complémentaire est partagée à 60 % pour l'employeur et 40 % pour le salarié, sauf accord plus favorable au salarié. Le tableau des taux, plus haut, donne pour chaque ligne la part patronale et la part salariale.

Calcul des charges patronales pas à pas

Prenons un salarié non cadre à temps plein payé 2 500 € brut, dans une entreprise de moins de 11 salariés, avec le taux AT/MP moyen (2,08 %) et la complémentaire santé par défaut du simulateur de l'Urssaf, payée à 50 % par l'employeur.

  1. Appliquer chaque taux à son assiette : le salaire étant sous le plafond, tout relève de la tranche 1 et chaque cotisation porte sur les 2 500 €.
  2. Additionner les lignes, avec la part patronale de la mutuelle : 1 092,40 € avant réduction.
  3. Calculer la réduction générale, ici 429,75 €, et la retirer.
  4. Il reste 662,65 € de charges patronales, soit 26,5 % du brut, et un coût total de 3 162,65 €.

Le simulateur de coût employeur refait ce calcul ligne par ligne pour n'importe quel salaire, cadre ou non, à temps plein ou partiel, et aussi à rebours, depuis le net ou le coût total.

Réduction générale dégressive unique (RGDU) : le calcul depuis 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale de cotisations patronales s'appelle réduction générale dégressive unique, et les taux réduits d'assurance maladie et d'allocations familiales ont disparu, sauf pour quelques exonérations spécifiques. Elle s'applique à tous les contrats de travail, temps partiel et alternance compris, dès lors que l'employeur cotise à l'assurance chômage pour le salarié.

Son montant est égal à la rémunération multipliée par un coefficient. Celui-ci est au plus de 39,81 % sous 50 salariés et de 40,21 % au-delà, maximal au niveau du Smic, dégressif ensuite, jamais inférieur à 2 % et nul à partir de 3 Smic. Pour 2026, le Smic de la formule reste celui du 1er janvier, 12,02 € de l'heure, soit 1 823,03 € par mois à temps plein, malgré la revalorisation du 1er juin. Pour un temps partiel, il est réduit en proportion de la durée du travail.

La réduction s'impute sur les cotisations patronales d'assurance maladie, de vieillesse, d'allocations familiales, d'accidents du travail (dans la limite de 0,49 %), de retraite complémentaire légalement obligatoire, de Fnal, de contribution solidarité autonomie et d'assurance chômage. La formation professionnelle, la taxe d'apprentissage ou le versement mobilité n'en font pas partie.

Charge patronale pour un Smic

Au niveau du Smic, 1 867,02 € brut par mois à temps plein, la réduction générale est proche de son maximum. Pour un non-cadre dans une entreprise de moins de 11 salariés, avec la complémentaire santé par défaut et le taux AT/MP moyen :

  • cotisations patronales avant réduction : 820,87 € ;
  • réduction générale : 700,13 € ;
  • charges patronales restantes, mutuelle comprise : 120,74 €, soit 6,5 % du brut ;
  • coût total : 1 987,76 €.

De 50 à 249 salariés, le Fnal et la formation professionnelle augmentent, le forfait social et la participation à l'effort de construction s'ajoutent, et le coefficient de réduction, un peu plus élevé, ne compense pas cet écart : 139,51 € de charges, hors versement mobilité. À temps partiel, tous ces montants suivent le nombre d'heures, détaillé avec le Smic à temps partiel. Un apprenti payé au Smic relève de règles propres, expliquées avec le salaire de l'apprenti.

Charges salariales : passer du brut au net

Les charges salariales sont retenues sur le salaire brut. Pour un non-cadre, ce sont :

  • l'assurance vieillesse : 6,90 % dans la limite du plafond et 0,40 % sur la totalité ;
  • la retraite complémentaire : 3,15 % en tranche 1 et 8,64 % en tranche 2, plus la CEG (0,86 % puis 1,08 %) et, au-dessus du plafond, la CET (0,14 %) ;
  • la CSG, 6,80 % déductible de l'impôt et 2,40 % non déductible, et la CRDS, 0,50 %, calculées sur le brut après un abattement de 1,75 % ;
  • la part salariale de la mutuelle d'entreprise.

Un cadre paie en plus la cotisation Apec (0,024 %). Sur 2 500 € brut, avec la mutuelle par défaut, les retenues salariales atteignent 542,95 € et le net avant impôt est de 1 957,05 €. Le calcul du net à partir du brut se fait dans le même simulateur.

Questions fréquentes

Comment calculer les charges patronales sur un salaire brut ?

Multipliez chaque taux patronal par son assiette (salaire entier, part sous le plafond ou tranches), ajoutez la part patronale de la mutuelle, puis retirez la réduction générale. Pour 2 500 € brut, non cadre, dans une entreprise de moins de 11 salariés : 1 092,40 € avant réduction, 662,65 € après, soit 26,5 % du brut.

Quel est le taux des charges patronales en 2026 ?

Il n'y a pas de taux unique : chaque cotisation a le sien, et la réduction générale dépend du salaire. Pour un non-cadre dans une entreprise de moins de 11 salariés, mutuelle comprise, les charges patronales représentent 6,5 % du brut au Smic, 26,5 % à 2 500 € et 39,4 % à 4 000 € brut.

Combien de charges patronales pour un salarié au Smic ?

Au Smic à temps plein, 1 867,02 € brut, l'employeur paie 120,74 € de charges patronales après réduction générale, mutuelle comprise, pour un non-cadre dans une entreprise de moins de 11 salariés, avec le taux AT/MP moyen. Avant réduction, les cotisations atteindraient 820,87 €. Le coût total est de 1 987,76 € par mois.

Quelle différence entre charges patronales et charges salariales ?

Les charges patronales s'ajoutent au salaire brut et sont payées par l'employeur ; les charges salariales sont retenues sur le brut et réduisent le net. Pour 2 500 € brut, non cadre, dans une entreprise de moins de 11 salariés, mutuelle comprise : 662,65 € de charges patronales et 542,95 € de charges salariales, CSG et CRDS comprises.

Les charges patronales sont-elles plus élevées pour un cadre ?

Oui : l'employeur d'un cadre paie en plus la prévoyance obligatoire, 1,50 % du salaire dans la limite du plafond de la sécurité sociale, et la cotisation Apec. À 3 500 € brut, dans une entreprise de moins de 11 salariés, mutuelle comprise, les charges patronales sont de 1 361,27 € pour un cadre, contre 1 307,51 € pour un non-cadre.

À partir de quel salaire la réduction générale disparaît-elle ?

À partir de trois fois le Smic. Pour 2026, le Smic retenu est celui du 1er janvier, 1 823,03 € par mois à temps plein : le seuil est donc trois fois ce montant. Juste en dessous, le coefficient de réduction vaut encore 2 %. Pour un salarié à temps partiel, le seuil est réduit en proportion de sa durée de travail.

Autres outils sur les salaires

Sources et méthode

Les cotisations sont calculées ligne par ligne avec les taux, plafonds et formules publiés par l'Urssaf dans la base de règles de son simulateur (mon-entreprise.urssaf.fr). Le calcul est contrôlé contre ce simulateur : sur plus de 170 situations (Smic, cadres, hauts salaires, temps partiel, apprentis, prélèvement à la source), l'écart ne dépasse pas 1 €. Périmètre : salarié du secteur privé en métropole, hors Alsace-Moselle, entreprise de moins de 250 salariés, sans heures supplémentaires. Chaque cotisation est arrondie au centime, comme sur un bulletin de paie.

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