Fiche de paie : le bulletin de salaire expliqué ligne par ligne

Le bulletin de paie suit un modèle fixé par arrêté : les rubriques, leur ordre et leurs libellés sont imposés à tous les employeurs. Celui-ci est calculé pour le salaire brut de votre choix, et le texte qui suit explique chaque rubrique, ce que le bulletin doit obligatoirement indiquer et combien de temps le garder.

Votre bulletin

Prélèvement à la source

Temps plein, sans heures supplémentaires, avantage en nature ni remboursement de frais ; taux AT/MP moyen ; complémentaire santé par défaut du simulateur de l'Urssaf.

Bulletin de paie pour 2 500,00 € brut
MONTANT BRUT 2 500,00 €
Cotisations et contributions sociales obligatoires Base Taux Salarié Employeur
Santé
Sécurité Sociale Maladie Maternité Invalidité Décèsbase 2 500,00 € 2 500,00 € 325,00 €
Complémentaire garanties frais de santé obligatoirebase 40,00 € 40,00 € 20,00 € 20,00 €
Accidents du travail & maladies professionnellesbase 2 500,00 € 2 500,00 € 52,00 €
Retraite
Sécurité Sociale Vieillesse plafonnéebase 2 500,00 € · 6,90 % 2 500,00 € 6,90 % 172,50 € 213,75 €
Sécurité Sociale Vieillesse déplafonnéebase 2 500,00 € · 0,40 % 2 500,00 € 0,40 % 10,00 € 52,75 €
Retraite complémentaire, CEG et CET T1base 2 500,00 € · 4,01 % 2 500,00 € 4,01 % 100,25 € 150,25 €
Famillebase 2 500,00 € 2 500,00 € 131,25 €
Assurance chômagebase 2 500,00 € 2 500,00 € 106,25 €
Autres charges dues par l'employeur 41,15 €
CSG déductible de l'impôt sur le revenubase 2 476,25 € · 6,80 % 2 476,25 € 6,80 % 168,39 €
CSG/CRDS non déductible de l'impôt sur le revenubase 2 476,25 € · 2,90 % 2 476,25 € 2,90 % 71,81 €
TOTAL DES COTISATIONS ET CONTRIBUTIONS OBLIGATOIRES 542,95 € 1 092,40 €
EXONÉRATIONS ET ALLÈGEMENTS DE COTISATIONS −429,75 €
MONTANT NET SOCIAL 1 957,05 €
MONTANT NET À PAYER AVANT IMPÔT SUR LE REVENU 1 957,05 €
Impôt sur le revenu
Montant net imposable 2 048,86 €
Montant net des HC/HS/RTT exonérées 0,00 €
Impôt sur le revenu prélevé à la sourcetaux 2,9 % 2 048,86 € 2,9 % 59,42 €
MONTANT NET À PAYER 1 897,63 €
TOTAL VERSÉ PAR L'EMPLOYEUR 3 162,65 €

Exemple : 2 500 € brut, non cadre. Présentation selon le modèle de l'arrêté du 25 février 2016, seul applicable à partir du 1er janvier 2027. Les cotisations sont affichées à leur taux plein, et la réduction générale dans la ligne des exonérations. Le taux de la colonne « Taux » est celui de la part salariale.

Du montant brut au net à payer : la logique du bulletin

Le bulletin part du montant brut, le salaire prévu au contrat avec ses primes et majorations. Il en retire les cotisations et contributions sociales à la charge du salarié pour obtenir le montant net à payer avant impôt sur le revenu, puis le prélèvement à la source, pour arriver au montant net à payer : la somme effectivement versée. Les cotisations patronales figurent dans une seconde colonne. Elles ne réduisent pas le salaire, mais s'ajoutent au brut pour former le total versé par l'employeur.

Pour un salaire de 2 500 € brut, non cadre, dans une entreprise de moins de 11 salariés, les retenues du salarié atteignent 542,95 €. Le net à payer avant impôt est de 1 957,05 € et, au taux neutre de prélèvement, le net versé de 1 897,63 €. Côté employeur, les cotisations s'élèvent à 1 092,40 € avant la réduction générale, qui en retire 429,75 € : le salarié coûte au total 3 162,65 € par mois.

Les cotisations obligatoires, rubrique par rubrique

Le cœur du bulletin est la rubrique des cotisations et contributions sociales obligatoires. Chaque ligne donne la base de calcul, le taux de la part salariale, le montant payé par le salarié et celui payé par l'employeur, toujours avant exonérations. L'ordre des lignes est réglementaire, et un libellé ne peut être modifié que pour le raccourcir.

  • Santé : la cotisation maladie, maternité, invalidité, décès, payée par l'employeur seul au taux de 13 %, puis la complémentaire santé obligatoire, la mutuelle d'entreprise, partagée entre le salarié et l'employeur.
  • Accidents du travail et maladies professionnelles : à la charge de l'employeur, à un taux propre à chaque établissement. Le bulletin ci-dessus retient le taux moyen de 2,08 %.
  • Retraite : l'assurance vieillesse de la Sécurité sociale, plafonnée (6,90 % pour le salarié, jusqu'au plafond mensuel de 4 005,00 €) et déplafonnée (0,40 % sur tout le salaire), puis la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Celle-ci tient sur une seule ligne par tranche de salaire, qui regroupe la cotisation, la contribution d'équilibre général (CEG) et la contribution d'équilibre technique (CET).
  • Famille et assurance chômage : à la charge de l'employeur seul. Sur le bulletin ci-dessus, la ligne chômage comprend aussi la cotisation AGS, qui garantit le paiement des salaires si l'entreprise fait défaut.
  • Apec : une ligne qui n'apparaît que sur le bulletin des cadres.
  • Autres charges dues par l'employeur : une seule ligne, sans base ni taux, qui additionne les contributions patronales autres que sociales : Fnal, contribution solidarité autonomie, formation professionnelle, taxe d'apprentissage, contribution au dialogue social et, selon l'effectif et la commune, versement mobilité et participation à l'effort de construction.
  • CSG et CRDS : deux lignes à la charge du salarié. La CSG déductible de l'impôt sur le revenu, à 6,80 %, puis la CSG non déductible (2,40 %) et la CRDS (0,50 %), réunies sur une même ligne. Leur base est le brut diminué d'un abattement de 1,75 %, dans la limite de quatre fois le plafond de la Sécurité sociale, et augmenté de la part patronale de la complémentaire santé et de la prévoyance.

Exonérations, cotisations facultatives et total versé par l'employeur

Comme les cotisations sont affichées à leur taux plein, les allègements apparaissent à part, dans la rubrique exonérations et allègements de cotisations. Depuis le 1er janvier 2026, la principale est la réduction générale dégressive unique : maximale au niveau du Smic, elle diminue jusqu'à trois fois le Smic et s'annule au-delà. Elle a remplacé l'ancienne réduction générale et, dans le cas général, les taux réduits de cotisations maladie et d'allocations familiales. Le bulletin affiche donc 13 % en maladie et 5,25 % en allocations familiales, et la baisse passe par cette ligne. Pour 2026, elle se calcule avec le Smic du 1er janvier, 12,02 € de l'heure.

Viennent ensuite les cotisations facultatives : prévoyance, incapacité, invalidité, décès, et retraite supplémentaire. Le mot surprend, car il désigne les garanties qui ne sont pas rendues obligatoires par la loi, même lorsqu'un accord ou la convention collective les impose. C'est le cas de la prévoyance des cadres, qui apparaît ici quand la case « Statut cadre » est cochée. La mutuelle d'entreprise, rendue obligatoire par la loi, reste dans la rubrique santé.

Le total versé par l'employeur, en bas du bulletin, additionne le brut et les cotisations patronales, moins les exonérations : c'est le coût mensuel du salarié pour l'entreprise. Le simulateur du coût d'un salarié le calcule aussi à partir du net ou d'un budget, et la page des charges patronales détaille chaque taux.

Net social, net imposable et prélèvement à la source

Le montant net social figure sur tous les bulletins depuis le 1er juillet 2023. C'est le revenu que les allocataires du RSA et de la prime d'activité déclarent chaque trimestre à la Caf ou à la MSA. Il part du brut et en retire les cotisations et contributions obligatoires du salarié, sa part de mutuelle et de prévoyance comprise. Pour un salaire sans remboursement de frais, titres-restaurant ni autre élément non soumis à cotisations, comme celui du bulletin ci-dessus, il est égal au net à payer avant impôt. Pour les revenus dus à partir du 1er janvier 2027, la part patronale de la complémentaire santé et de la prévoyance collective devrait y être ajoutée : le Bulletin officiel de la sécurité sociale l'annonce d'après un projet de décret, pas encore paru au Journal officiel en octobre 2026.

Le montant net imposable sert au calcul de l'impôt. Il dépasse le net payé, car il réintègre la CSG non déductible, la CRDS et la part patronale de la complémentaire santé, imposable pour le salarié. Pour 2 500 € brut, il atteint 2 048,86 €, contre 1 957,05 € de net avant impôt. La ligne des heures complémentaires et supplémentaires exonérées reste affichée, même à zéro.

Le prélèvement à la source applique au net imposable le taux transmis à l'employeur par l'administration fiscale. Le bulletin en indique la base, le taux et le montant, puis le montant net à payer. Quand l'employeur applique le taux neutre, celui-ci dépend du seul salaire du mois : en métropole, il est nul en dessous de 1 635,00 € de net imposable par mois. Le formulaire ci-dessus accepte aussi votre propre taux, et le convertisseur brut ↔ net passe du brut au net, ou l'inverse, pour un autre salaire.

Mentions obligatoires et mentions interdites

L'article R. 3243-1 du code du travail fixe la liste de ce que le bulletin doit indiquer. On y trouve notamment :

  • le nom et l'adresse de l'employeur, son code APE et son numéro Siret, ainsi que la convention collective applicable ;
  • le nom du salarié, son emploi et sa position dans la classification de la convention, niveau ou coefficient ;
  • la période de paie et le nombre d'heures, en distinguant les heures payées au taux normal et les heures majorées, avec leur taux de majoration ;
  • le salaire brut, chaque cotisation avec son assiette, le taux des cotisations salariales et le montant total des exonérations ;
  • l'assiette, le taux et le montant du prélèvement à la source, le montant net social, la somme effectivement reçue et la date de paiement ;
  • les dates de congé et le montant de l'indemnité de congés payés, le total versé par l'employeur et la mention de la rubrique consacrée au bulletin de paie sur service-public.fr.

À l'inverse, le bulletin ne doit mentionner ni l'exercice du droit de grève ni l'activité de représentation du personnel (article R. 3243-4). Une retenue pour grève apparaît sous l'intitulé « absence non rémunérée », et la rémunération de l'activité de représentation figure sur une fiche annexée. Un employeur qui ne respecte pas ces règles s'expose à une amende de troisième classe (article R. 3246-2) : jusqu'à 450 € par bulletin non remis, selon service-public.fr.

Accepter un bulletin sans protester ne vaut pas renonciation au salaire dû (article L. 3243-3). Le salarié qui découvre une erreur peut réclamer un rappel dans les trois ans qui suivent le jour où il en a eu connaissance, pour les trois dernières années de salaire, ou les trois années précédant la fin du contrat s'il a quitté l'entreprise (article L. 3245-1).

Combien de temps garder ses bulletins de paie

Le bulletin porte, en caractères apparents, une mention invitant le salarié à le conserver sans limitation de durée (article R. 3243-5). Service-public.fr recommande de le garder au moins jusqu'à la liquidation de la retraite, et au-delà si une maladie professionnelle peut apparaître après le départ. L'employeur, lui, en conserve un double pendant cinq ans. Rien ne l'oblige à fournir un duplicata au salarié qui a perdu le sien.

L'employeur peut remettre le bulletin sous forme électronique, sauf si le salarié s'y oppose. Il doit l'en informer un mois avant le premier envoi, ou au moment de l'embauche. Le salarié peut refuser à tout moment, avant comme après ce premier envoi, et son refus prend effet au plus tard trois mois après qu'il l'a signalé. Les bulletins électroniques doivent rester disponibles pendant 50 ans, ou jusqu'aux 75 ans du salarié, et sont consultables depuis le compte personnel d'activité. Le salarié peut les récupérer à tout moment, et il est prévenu au moins trois mois à l'avance si le service qui les héberge ferme.

Deux modèles de bulletin jusqu'à la fin de 2026

Le bulletin de cette page suit le modèle fixé par l'arrêté du 25 février 2016, modifié depuis, notamment pour y ajouter le montant net social en juillet 2023. Jusqu'au 31 décembre 2026, les employeurs peuvent encore utiliser un modèle provisoire, un peu différent : il range la prévoyance dans la rubrique santé, n'a pas de rubrique de cotisations facultatives et peut afficher en bas du bulletin une ligne « allègement de cotisations employeur ». À partir du 1er janvier 2027, seul le modèle définitif sera autorisé.

Le modèle fixe les libellés, l'ordre et le regroupement des lignes, pas les montants : un même salaire donne le même net d'un modèle à l'autre. Il demande aussi que le montant brut et le montant net à payer soient présentés de façon à faciliter leur lecture.

Questions fréquentes

Comment lire une fiche de paie ?

Une fiche de paie se lit de haut en bas : le montant brut, puis les cotisations et contributions sociales rubrique par rubrique, avec la part du salarié et celle de l'employeur, les exonérations, le montant net social, le net à payer avant impôt, le prélèvement à la source et enfin le montant net à payer, versé sur le compte. Les libellés et leur ordre sont fixés par arrêté.

Quelle différence entre net à payer, net social et net imposable ?

Le net à payer avant impôt est le brut moins les cotisations du salarié. Le net social est le revenu à déclarer pour le RSA et la prime d'activité ; pour un salaire simple, il est égal au net avant impôt. Le net imposable sert au calcul de l'impôt : il est plus élevé, car il réintègre la CSG non déductible, la CRDS et la part patronale de la mutuelle. Pour 2 500 € brut, le net avant impôt est de 1 957,05 € et le net imposable de 2 048,86 €.

Combien de temps faut-il garder ses fiches de paie ?

Sans limitation de durée : c'est la mention que l'employeur doit faire figurer sur chaque bulletin (article R. 3243-5 du code du travail). Service-public.fr recommande de les garder au moins jusqu'à la liquidation de la retraite. L'employeur en conserve un double pendant cinq ans, et les bulletins électroniques restent disponibles 50 ans ou jusqu'aux 75 ans du salarié.

Que faire en cas d'erreur sur sa fiche de paie ?

Le salarié peut réclamer la somme manquante à son employeur : accepter un bulletin sans protester ne vaut pas renonciation au salaire dû. Il dispose de trois ans à partir du jour où il a eu connaissance de l'erreur, et la demande porte sur les trois dernières années de salaire, ou les trois années précédant la fin du contrat. Faute d'accord, le litige relève du conseil de prud'hommes.

L'employeur peut-il remettre la fiche de paie sous forme électronique ?

Oui, sauf si le salarié s'y oppose. L'employeur doit l'en informer un mois avant le premier bulletin électronique, ou à l'embauche, et le salarié peut refuser à tout moment, avec effet dans les trois mois. Les bulletins électroniques restent disponibles 50 ans, ou jusqu'aux 75 ans du salarié, et se consultent depuis le compte personnel d'activité.

À quoi sert le montant net social sur la fiche de paie ?

Affiché depuis le 1er juillet 2023, il donne le revenu à déclarer chaque trimestre à la Caf ou à la MSA pour le RSA et la prime d'activité. Il se calcule à partir du brut, moins les cotisations et contributions obligatoires du salarié. Un projet de décret prévoit d'y ajouter, pour les revenus dus à partir de 2027, la part patronale de la mutuelle et de la prévoyance collective.

Autres rubriques : Salaire des fonctionnaires · Fin de contrat · Employeur : coût et embauche d'un salarié

Sources et méthode

Chaque cotisation est calculée avec les taux, plafonds et formules publiés par l'Urssaf dans la base de règles de son simulateur, contrôlé chaque mois contre lui à 1 € près. Les lignes sont ensuite regroupées comme sur le bulletin : retraite complémentaire avec CEG et CET par tranche, CSG non déductible et CRDS ensemble, contributions patronales autres que sociales sur une seule ligne, prévoyance des cadres parmi les cotisations facultatives. Pour un salaire sans remboursement de frais ni titres-restaurant, le montant net social est égal au net à payer avant impôt. Périmètre : salarié du secteur privé en métropole, hors Alsace-Moselle, sans heures supplémentaires.

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